Ne sachant que faire, Thomas Plamberger (37 ans), est parti chercher de l’aide à 22 heures, après 4 heures sur place.

Problème : la météo s’est fortement gâtée entre-temps. La température était descendue à -8 degrés avec des rafales atteignaient jusqu’à 72 km/h. Six heures plus tard, le guide de montagne est revenu avec de l’aide. Mais il était déjà trop tard. Sa femme est décédée d’hypothermie.

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Pour le tribunal, l’homme s’est rendu coupable de négligence grave ayant entraîné la mort de la jeune femme. En d’autres termes, il s’agit d’un homicide involontaire. Un an plus tard, il a été condamné à une peine de cinq mois de prison avec sursis et à une amende de 9.400 euros pour avoir abandonné sa compagne.

Des erreurs graves

Pour le parquet, Thomas Plamberger aurait commis des erreurs graves. Déjà, il n’aurait pas suffisamment tenu compte du niveau limité de sa compagne en alpinisme et n’était pas correctement préparé aux conditions.

De plus, il n’aurait pas utilisé le matériel d’urgence qui était en sa possession pour aider sa compagne. Par exemple, Kerstin Gurtner n’a jamais été enveloppée dans la couverture de survie, ni placée dans un sac de bivouac. Des gestes élémentaires qui auraient pu la sauver.

Face au tribunal, l’homme de 37 ans s’est montré particulièrement bouleversé. Et plusieurs questions sont restées lettre morte.

Par exemple, il a bien contacté la police, mais il n’a jamais expliqué qu’il s’agissait d’une situation d’urgence. Il n’a pas non plus répondu à des messages WhatsApp lui demandant explicitement si une intervention urgente était nécessaire. Il a déclaré que son téléphone était en mode avion afin d’économiser la batterie.

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Par ailleurs, le témoignage de son ex n’a pas joué en sa faveur. Elle a déclaré qu’en 2023, elle avait également gravi le Grossglockner avec lui. Après une dispute sur l’itinéraire à suivre, il l’aurait alors aussi laissée seule, en pleurs, alors que sa lampe frontale ne fonctionnait plus.

La parole de Plamberger

Dans son jugement, Norbert Hofer, un juge lui aussi alpiniste, a estimé qu’il aurait dû se rendre compte plus tôt de la situation. « Je ne vous considère pas comme un meurtrier », a-t-il expliqué dans des propos repris par Die Zeit. « Mais vous étiez expérimenté, et Kerstin était en droit de compter sur vous. »

De son côté, Thomas Plamberger a exprimé des « regrets infinis ». Il a plaidé non coupable puisque, selon lui, sa compagne lui avait demandé d’aller chercher des secours. Fait important : la maman de la victime s’est rangée de son côté. « Je trouve injuste la manière dont le compagnon de Kerstin est traité. Il y a une véritable chasse aux sorcières contre lui dans les médias et en ligne », a-t-elle dit pour le média Die Zeit.

Bien que les accidents d’alpinisme soient fréquents, il est rare qu’un drame en montagne donne lieu à des poursuites pénales.

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