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Les riverains soulignent que ce chantier n’a fait l’objet d’aucune demande de permis de la part de la Défense nationale. « Les travaux de terrassement de cet immeuble d’hébergement de quatre niveaux ont débuté en outre en violation du Schéma de Développement Communal. »

La rupture de gabarit est brutale, déplorent les trois riverains les plus potentiellement impactés. « Cet immeuble ne s’insérera pas du tout dans son environnement : ce mur permanent nous fera perdre de l’ensoleillement et les vues plongeantes nous feront perdre notre intimité ».

Cet immeuble ne s’insérera pas du tout dans son environnement, estiment les ribverains.Cet immeuble ne s’insérera pas du tout dans son environnement, estiment les ribverains.Cet immeuble ne s’insérera pas du tout dans son environnement, estiment les ribverains. ©

L’échevin de l’urbanisme, Benjamin Brotcorne, confirme qu’aucune demande de permis n’a été déposée. « J’en ai fait part à la Région wallonne. Cependant, sans attendre qu’elle se positionne, j’ai programmé une réunion pour concerter les parties et essayer de rencontrer les intérêts des uns et des autres. Cette réunion devrait permettre d’identifier ce qui est problématique aux yeux des riverains et éventuellement rectifier ce qui peut l’être sans risquer de perdre du temps dans de longues procédures. Dans ce cadre, la commune fera office de facilitateur ».

L’échevin est prudent sur ce dossier. D’une part, le fonctionnaire délégué peut avoir la compétence d’instruire certains dossiers de demande de permis, le rôle de la Ville se limitant dans ce cas à émettre un avis. D’autre part, glisse-t-il, il se pourrait que la Défense estime pouvoir bénéficier d’une dispense de demande de permis.

"De mon jardin, l'on aperçoit déjà bien ce bâtiment existant qui doit probablement être à une cinquantaine de mètres de nos habitations. Je vous laisse imaginer le résultat avec le nouveau, beaucoup plus proche", témoigne un riverain.« De mon jardin, l’on aperçoit déjà bien ce bâtiment existant qui doit probablement être à une cinquantaine de mètres de nos habitations. Je vous laisse imaginer le résultat avec le nouveau, beaucoup plus proche », témoigne un riverain. ©

De quel genre de dispense s’agit-il? Le point Z du CoDT (Code du Développement territorial wallon) mentionne que la Defense peut être exonérée du permis pour certains travaux, notamment pour « la réalisation d’ouvrages défensifs à caractère opérationnel ou devant rester secret stratégique, pour le compte du ministère de la Défense nationale et dont la liste est établie conjointement avec le ministre ayant l’Aménagement du territoire dans ses attributions ».

Les riverains tombent des nues. « Quel secret stratégique pourrait être avancé pour de simples dortoirs et des salles de cours ? En outre, la perspective 3D est affichée dans la rue, aux yeux de tous. Nous refusons la politique du fait accompli d’un niveau fédéral qui s’affranchit des lois régionales et écrase le droit des citoyens ».

Une réunion de concertation le 23 juin

Une réunion de concertation est fixée le 23 juin prochain sous l’égide de la Ville de Tournai. Mais la délégation de riverains prévient: « Compte tenu de l’ampleur de l’ouvrage projeté et de sa proximité immédiate avec nos habitations, cette rencontre ne pourra être utile que si elle repose sur des informations techniques complètes, transparentes et vérifiables ».

En conséquence, sont exigés une série d’éléments techniques, dont une étude complète d’ensoleillement et d’ombres portées sur les façades, jardins et espaces de vie des propriétés riveraines. « Nous y aurions eu droit dans le cas d’une demande de permis, dans le volet des incidences du projet sur son environnement ».

Les plans détaillés des élévations, coupes et ouvertures sont aussi demandés. « Nous sommes inquiets par rapport à la perspective de perdre notre intimité. Des fenêtres seront orientées vers notre jardin : ne peut-on pas les supprimer? On me certifie qu’une plateforme, située au même niveau que le haut de mon mur, ne servira pas de terrasse. Mais alors pourquoi y a-t-il des garde-corps sur le croquis? », s’inquiètent Chantal et Pascal.

« Nous n’avons pas non plus de note technique exposant les raisons ayant conduit au choix de l’implantation actuelle et démontrant l’absence d’alternatives raisonnables au sein la caserne permettant de limiter les impacts sur la zone résidentielle », déplore Jérôme.

Les riverains insistent: ils ne sont pas opposés au développement de la caserne mais ils exigent une concertation sérieuse. « Nous avons donc exigé la transmission de ces documents avant la réunion, dans un délai raisonnable permettant leur examen préalable ».

Le collectif de riverains dit avoir demandé au SPW et à la bourgmestre d’ordonner l’interruption des travaux. « À défaut d’obtenir une suspension volontaire du chantier ou des réponses complètes et transparentes, nous nous réservons le droit d’envisager toute démarche utile à la sauvegarde de nos droits et intérêts, y compris par voie judiciaire via un recours en référé. »

Le parking en attente de régularisation

Avec davantage d’étudiants attendus dans les années à venir, la Défense doit aussi répondre aux besoins de mobilité et de stationnement à proximité de ses casernes. C’est ainsi qu’elle a aménagé un parking de 300 places sur son terrain du Luchet d’Antoing.

Les 300 places du parking ont été aménagées, mais faute de permis les travaux de finition ont été interrompus.Les 300 places du parking ont été aménagées, mais faute de permis les travaux de finition ont été interrompus.Les 300 places du parking ont été aménagées, mais faute de permis les travaux de finition ont été interrompus. ©EdA

Ce dossier-là n’a pas non plus obtenu de permis d’urbanisme, ni auprès de la Ville, ni auprès de la Région wallonne. « Une demande de permis pour la création de ce parking est en cours d’examen auprès du fonctionnaire délégué, et la commune sera sollicitée pour donner un avis à ce sujet », indique l’échevin Benjamin Brotcorne.