Pour justifier ce choix, la directrice invoque une question sécuritaire. En effet, selon elle, « des événements survenus aux abords de certains établissements scolaires voisins (sans citer lesquels NdlR) […] rappellent combien il est important de rester vigilants face à toute forme de violence ». C’est dans ce contexte, toujours selon la direction, « que les conditions nécessaires à l’organisation de cet événement ne permettent pas d’offrir toutes les garanties attendues pour une activité placée sous la responsabilité de l’établissement ». Si la directrice espère que « chacun pourra comprendre les raisons qui motivent cette annulation », les élèves, eux, dénoncent « un manque de clarté » de la part de celle-ci.
« Une sanction collective »
Sophie (prénom d’emprunt), qui, au nom des 116 rhétos du DIC, a décidé de répondre au mail reçu, ne comprend pas cette décision. « J’ai demandé quelles étaient les raisons réelles de cette annulation mais je n’ai reçu aucune réponse satisfaisante quant aux manquements sécuritaires », regrette l’élève, qui rappelle que les 100 jours rhétos ont également été annulés plus tôt dans l’année. « La directrice ne voulait pas qu’on manque des cours alors qu’on partait déjà en voyage en dehors des vacances », déplore Sophie, qui voit sa fin de scolarité bouleversée. « On prend ça comme une punition dans un contexte où l’enseignement est attaqué de toutes parts et où nous avons décidé de défendre nos professeurs », s’insurge l’adolescente, particulièrement attentive à l’avenir de l’enseignement.
De son côté, la directrice a souhaité insister dans un mail de réponse : « Je comprends que certains élèves perçoivent l’annulation du bal comme une sanction collective liée à leur position dans le cadre du mouvement de grève. Je souhaite cependant être très claire sur ce point : cette décision (difficile et prise avec regret) n’a pas été prise dans un esprit de sanction ni comme une réponse à l’expression d’une opinion ou à l’exercice d’un droit démocratique ».
Plan B
Les rhétoriciens ne se laissent néanmoins pas abattre. En effet, le comité organisateur, qui avait prévu de danser jusqu’au bout de la nuit dans le réfectoire du collège, a finalement trouvé un plan B. Ainsi, le 26 juin prochain, les élèves donneront rendez-vous à leurs camarades et à leurs professeurs dans le Carré. « Le gérant de l’Aquarelle nous permet d’organiser notre bal dans son établissement à titre gratuit », se réjouit Sophie. « Il s’occupe des boissons et, comme c’était prévu dans la première formule, on paye nos consommations », conclut-elle.
La soirée, sur le thème « chic et élégant », se déroulera dans un cadre un peu particulier cette saison, de quoi marquer les esprits avant la remise des diplômes tant attendue.