Une cinquantaine de personnes sont présentes au parc du Barrage pour la nouvelle exposition du Club photo de Sherbrooke. Plusieurs tiennent en main leur appareil photo. Après tout, le club regroupe des amateurs de photographie — et toutes les occasions sont bonnes pour capturer l’instant présent.
Trente-trois photos sont exposées cette année. Quelques-unes invitent le regard à suivre le fil de l’eau, d’autres à se poser devant son calme. L’eau se métamorphose d’une photo à l’autre. C’est le thème.
Chaque année, le Club photo de Sherbrooke choisit un thème lié à l’environnement pour ses expositions.
«C’est porteur pour l’avenir. En plus, les photographes ont toujours de nombreux clichés de la nature. Les déclinaisons sont multiples», précise René Houle, membre du club.
Et cette année, 84 photos ont été soumises pour l’exposition. Plus d’une quarantaine de photographes ont participé. Finalement, le comité de l’exposition a sélectionné les photos de 24 photographes.

Raconter une image
Les photos de l’exposition sont toutes accompagnées de poèmes, rédigés par les élèves de première secondaire du Collège Mont-Notre-Dame.
«L’exposition associe deux formes d’art finalement. Elle associe aussi deux générations complètement différentes. C’est beau», lance André Beauchesne, président du Club photo de Sherbrooke.
Les photographes sélectionnés voyaient d’ailleurs pour la première fois les textes jumelés à leur création samedi. «C’est si bien écrit», souffle Danielle Lareau, exposante.
La cocréation s’est faite à l’aveugle.

«Je ne voulais pas que les élèves tombent dans une description photo. Je voulais qu’elles puisent dans leur imaginaire pour ressortir ce que l’eau peut évoquer», détaille Julie Pouliot, professeure au Collège Mont-Notre-Dame et coresponsable du projet.
En tout, 102 élèves ont participé à l’écriture des poèmes.
«Et le jumelage avec la dimension littéraire fait en sorte que les images parlent encore plus d’elles-mêmes», estime René Houle.
Un projet citoyen
René Houle fait partie des citoyens qui ont lancé le projet du parcours photo au parc Jacques-Cartier. Et lorsqu’il constate que des structures sont déjà en place au parc du Barrage, l’idée de créer un nouvel espace d’art urbain lui vient tout naturellement.
«Le parc était vraiment défraîchi, mais il y avait du potentiel. Quand j’en ai discuté avec mes collègues du club photo, on s’est mis à élaborer un plan», raconte-t-il.

Trois éditions plus tard, le projet tient encore bien la route. Même que la Ville installera prochainement un panneau pour signaler l’exposition photo en bordure de route, selon Paul Gingues, conseiller municipal.
«Ce projet, c’est notre façon de rendre la culture accessible à tous, sans billets, sans murs, juste en se promenant au bord de l’eau», témoigne André Beauchesne.