Des chercheurs du Centre for Genomic Regulation (CRG) à Barcelone ont démontré que le collagène, qui constitue environ un tiers de la masse protéique totale du corps humain, existe sous une forme liquide à l’intérieur des cellules.
Publiée dans le Journal of Cell Biology, cette découverte contredit l’image traditionnelle depuis plus de cinquante ans d’une molécule longue et rigide.
Une forme liquide qui protège la cellule
L’un des auteurs de l’étude, Vivek Malhotra, explique que cette plasticité est essentielle et que l’état de condensat liquide prévient un véritable désastre cellulaire. Si le collagène s’assemblait en fibres rigides à l’intérieur de la cellule, le même processus qui lui permet de structurer les tissus à l’extérieur, cela tuerait la cellule.
Cette découverte remet en question les modèles d’exportation cellulaire. Les chercheurs proposent une hypothèse d’extrusion liquide, où le collagène s’écoulerait hors de son compartiment de production par un phénomène proche de l’action capillaire.
Le rôle de la protéine TANGO1, découverte par le même laboratoire, est également clarifié. Elle ne servirait de point d’ancrage pour maintenir les gouttelettes de collagène près des sites de sortie du réticulum endoplasmique, facilitant ainsi leur évacuation.

Source image : Soumya Bhattacharyya / Centre for Genomic Regulation
Des implications pour la santé humaine
Les conséquences de ce modèle sont potentiellement immenses, notamment pour des pathologies où la sécrétion de collagène est excessive.
Cela inclut la fibrose du foie, des poumons ou de la peau, des maladies caractérisées par une cicatrisation tissulaire anormale et pour lesquelles de nouvelles stratégies thérapeutiques pourraient voir le jour.
Le cancer est aussi une cible directe. Les tumeurs s’entourent souvent d’une matrice dense de collagène qui les protège de la chimiothérapie et du système immunitaire.