Selon Mediapart, l’interview avait été réalisée fin mai dans ses locaux par « des journalistes se présentant comme travaillant à RTL Belgique ». La présidente et directrice de la publication, Carine Fouteau, précise que cette équipe travaille en réalité pour la société de production de Guillaume Genton, qui diffuse régulièrement des contenus pour CNews. Même situation pour Sabine Langaret, l’une des femmes accusant Patrick Bruel d’agression sexuelle, qui affirme avoir elle aussi été interviewée par RTL Belgique avant de découvrir son témoignage diffusé sur CNews. Mediapart a annoncé se réserver « la possibilité de poursuivre devant la justice ces méthodes. »
La réponse ferme de RTL Belgium
RTL Belgium apporte désormais sa version des faits. La chaîne confirme avoir coproduit avec Genton Productions un documentaire consacré à Patrick Bruel, réalisé « pour son compte et en son nom » par des journalistes de production. Elle conteste donc formellement que ses équipes se soient présentées sous une fausse identité ou comme appartenant à un autre média dans un but de tromperie.
RTL Belgium précise « qu’elle assume seule la responsabilité éditoriale du programme », dont elle a elle-même défini la ligne éditoriale. Les journalistes de RTL Info sont étrangers à cette production.
Le documentaire a été diffusé pour la première fois le mardi 9 juin sur RTL tvi, réalisant un joli score d’audience (une moyenne de 331282 téléspectateurs, selon le CIM). « Au moment du tournage, aucune diffusion sur une chaîne française n’était envisagée ni prévue », précise RTL.
Cependant, les différents témoins interviewés avaient signé une cession de droits mentionnant explicitement Genton Productions comme producteur délégué, prévoyant la première diffusion sur RTL tvi, et autorisant ensuite une diffusion « sur toutes autres chaînes de télévision et plateformes ». C’est dans ce cadre que les droits ont été cédés à l’international, notamment en Suisse et en France, où CNews a acquis les droits pour le territoire français.
RTL Belgium insiste enfin sur le fait que la diffusion sur CNews a été réalisée en intégralité, dans le respect total de l’intégrité du documentaire, sans aucune modification de quelque nature que ce soit.