Cette production a cartonné au festival Canneseries cette année en raflant les prix de la meilleure série, du meilleur casting et celui des lycéens.
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Alice, quinquagénaire, est dévastée par la trahison de son meilleur ami Steve, également quinqua, qui entame une relation amoureuse avec Izzy, sa fille de 26 ans. Terrifiée à l’idée de perdre à la fois son enfant et son pote, Alice multiplie les piques assassines, les menaces, les chantages et les coups fourrés pour torpiller cette idylle.
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Au terme de six épisodes de trente minutes très bien écrits, la série questionne l’amitié, la famille, mais surtout les limites de l’autorité parentale. Des parents peuvent-ils intervenir dans les choix sentimentaux de leurs enfants adultes? Le bonheur de leur progéniture ne doit-il pas primer? Egoïste, aigrie et rancunière, peut-être même jalouse de sa fille et de sa jeunesse qui lui permet de séduire qui elle veut, elle ne supporte pas d’être entrée, à cinquant ans passés, dans l’invisibilité sociale et s’entête dans cette guerre ouverte.
A ce petit jeu, Nicola Walker est géniale. Dans les moments d’euphorie joyeuse comme dans ceux de pure tension où elle tente de contenir ses colères froides, l’actrice dévoile une palette de jeu impressionnante. En face, Steve, joué par Jemaine Clement, donne parfaitement le change en quinqua mélancolique qui marche sur des œufs. Si l’amour n’a normalement pas d’âge, la société ne peut s’empêcher de juger sévèrement des couples dépareillés qui s’écartent de la norme.
En s’emparant de ce sujet tabou pour le tourner en comédie, la créatrice britannique Sophie Goodhart signe une série jubilatoire qui évite intelligemment toute leçon de morale simpliste, s’autorisant même des débordements sur d’autres relations amoureuses tout aussi compliquées.