La FGTB continuera à se mobiliser à la rentrée et n’exclut pas une grève générale

Ce mardi, une action en front commun élargi, à l’appel de la FGTB, de la CSC et du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, se tiendra à Namur. Tous les secteurs « touchés par les mesures du gouvernement wallon seront représentés », annonce le patron de la FGTB wallonne, Jean-François Tamellini. Il rencontrera d’ailleurs le ministre-Président à cette occasion. Et il lui présentera « les mesures alternatives qui ne toucheront pas les travailleurs ».

Mais avant de passer aux propositions concrètes, il rappelle que « l’essentiel de cette dette date de 2008 et de la crise bancaire durant laquelle il a fallu sauver les banques. Il faut être juste quand on pointe les responsabilités », souligne-t-il.

Règles européennes

Pour trouver ces deux milliards, la FGTB évoque les règles européennes sur le déficit qui permettraient au gouvernement de ne pas s’accrocher à son strict retour à l’équilibre. « Les finances seront un peu au-delà des demandes européennes. Pourquoi s’acharner ? De cette façon, ils peuvent déjà récupérer 600 millions d’euros. »

Cet argent pourrait servir à réactiver les « primes à la rénovation ». « C’est vrai que le système doit être sous contrôle et que ça coûte cher, mais le supprimer est une erreur. Et c’est le patron d’Embuild (NdlR : le nouveau nom de la Confédération construction), Hugues Kempeneers, qui le dit ».

La FGTB demande ensuite un moratoire sur la réforme des droits d’enregistrements. « Le gouvernement peut récupérer 200 millions par an d’ici 2029 ». Le syndicat estime que la mesure n’atteint pas sa cible et que malgré la réduction des droits, « la suppression du chèque habitat (NdlR : déduction fiscale pendant la durée du prêt) fait que cela coûte plus cher pour quelqu’un qui achète une habitation modeste. « Nous avons fait les calculs », note le syndicaliste qui nous les a montrés.

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Jean-François Tamellini considère aussi que la réforme fiscale du fédéral, qui va augmenter la quotité exemptée d’impôt, coûtera 340 millions d’euros à la Wallonie. « Le fédéral doit compenser et assumer sa mesure. La Wallonie doit négocier. »

Le syndicat plaide aussi pour un audit sur les aides publiques aux entreprises. « Selon la Cour des comptes, elles représentent 900 millions d’euros. Il y a 200 millions à récupérer en prenant deux mesures sur certaines aides. À savoir : rendre obligatoire la publication de leurs offres d’emploi sur le site du Forem si elles veulent toucher des aides, et les obliger à ne pas licencier pour réengager et toucher les primes. Les patrons n’en veulent pas. Pourtant, si on veut créer de l’emploi… ».

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La dette des UAP (les Unités d’Administration publiques que sont par exemple le Forem) est aussi une piste. « Les UAP empruntent à des taux plus élevés que la Wallonie. Le gouvernement s’était engagé à négocier avec les banques. Je ne dis pas que c’est facile, mais il y a moyen de récupérer 500 millions d’euros. »

Enfin, sur la dette de la région, il y a aussi un travail à faire et « 600 millions à récupérer ». Jean-François Tamellini explique : « Les banques empruntent à la BCE à 2, 1 %, et elles prêtent à la Wallonie à un taux de 4 %. Pourquoi ne pas négocier un taux à 2, 5 %. Encore une fois, je ne dis pas que c’est simple, mais ils s’étaient aussi engagés là-dessus ».

« Il y a des pistes. Dire le contraire serait un mensonge », conclut le secrétaire général de la FGTB.