Dans le coffre de la voiture de Santana Alcala, des pinceaux de toutes tailles, des chiffons et de la peinture en pots. Mais pas de bombes aérosols. « Je viens plutôt du dessin et de la peinture. Je me définis davantage comme un artiste plasticien qui fait de l’art urbain, qu’un street artiste dont le terme est assez galvaudé de nos jours. » La culture street art ne lui est cependant pas étrangère. C’est même avec elle qu’il a fait ses premiers pas de peintre de rue. « Je faisais des graffitis à la bombe, dans des friches urbaines, quand j’étais ado. Après, j’ai fait beaucoup de collages à la manière d’Ernest Pignon-Ernest. Mais désormais je crée quasi exclusivement avec le pinceau », poursuit le Franco-Espagnol, graphiste de métier, qui figure parmi les artistes choisis pour le programme de mise en valeur des écoles par le street art, porté par la Ville de Châteauroux.
Il a déjà réalisé un premier portrait de Jean Moulin sur le mur de l’école qui porte son nom à Châteauroux. Et un autre d’Albert Camus, sur une façade visible dans la rue qui lui est dédiée, non loin de l’école Frontenac. Depuis environ trois semaines, Santana Alcala réalise deux autres fresques sur des pignons de l’école Lamartine : une version juvénile du poète pour le bâtiment des maternelles ; et une autre à un âge plus mûr, sur celui des classes élémentaires. Pour les élaborer, l’artiste a fait quelques recherches préparatoires. « Je suis allé retrouver des portraits de Lamartine à deux périodes de sa vie. Les traits du visage sont fidèles aux peintures originales mais je propose ma propre interprétation au niveau des couleurs, pour adapter l’œuvre au support. Les murs étant recouverts de crépi, il a fallu s’adapter. »
Il peint les personnages dont les idées l’inspirent
Chaque portrait est accompagné d’une reproduction de la signature originale d’Alphonse de Lamartine, de ses dates clés (naissance et décès), et d’une citation emblématique. Pour le dessin, l’artiste s’est employé à respecter le style du tableau d’époque dont il s’est inspiré. « J’ai conçu cette fresque comme s’il s’agissait d’une toile peinte sur le mur. Il y a des petits défauts que je suis probablement le seul à voir, mais les imperfections font partie du charme de l’exercice. Je ne suis ni un ordinateur, ni une intelligence artificielle….
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