Pour essayer de répondre à ces questions, il faut rappeler ce qui fait l’essence de la ville, ce qui donne envie d’y venir. C’est assez simple : la ville concentre des fonctions (écoles, entreprises, administrations, transports, théâtres, enceintes sportives). On y vient pour trouver ce qu’on ne trouve pas chez soi. Assister à un spectacle, participer à un événement, vivre une expérience, étudier, travailler.

La Foire de Pâques à Charleroi a attiré 300.000 visiteurs, un record !

À Charleroi, le commerce s’est développé aux portes de l’intra-ring, dans des galeries ou retail parks périphériques (Bultia, Bellefleur, City Nord, Parenthèse, Ville 2, Frun Park).

Dès le moment où ils peuvent y acheter les mêmes produits, les riverains n’ont aucune raison de se rendre en centre urbain. Pour qu’une ville capte des visiteurs et de nouveaux habitants, elle doit être agréable et pratique : sécurité, propreté, capacité de stationnement, logement, animation, offre diversifiée. Autant de leviers à activer. Le collège communal en a fait sa priorité de la mandature.

Départs et arrivées

Sur les réseaux sociaux et dans la presse, de nombreux exploitants de commerces et de restaurants de l’intra-ring se disent déçus : certains ont externalisé leurs activités. L’ancien propriétaire du Lo Scugnizzo au square Hiernaux a repris la brasserie restaurant du centre sportif de Bertransart à Nalinnes, le Triple L. Le Huggy’s Bar de la place de la Digue a baissé les volets (l’enseigne exploite deux autres restaurants en périphérie, au nord et au sud), l’Osteria Romana a annoncé son départ au boulevard Tirou pour une relocalisation à Marcinelle au Magari.

Osteria Romana s'arrête au boulevard Tirou pour rejoindre Magari à Marcinelle.Osteria Romana s'arrête au boulevard Tirou pour rejoindre Magari à Marcinelle.Osteria Romana s’arrête au boulevard Tirou pour rejoindre Magari à Marcinelle. ©Google Street

Rue de Dampremy, l’offre commerciale s’est fortement réduite. De nombreux rez-de-chaussée sont inoccupés malgré une révision à la baisse du revenu cadastral. Des commerces de référence résistent, comme le tailleur Dupuis, la boutique Marie Charlotte, le magasin Tess ou Tshirt Mania.

« Tout ne va pas mal pour autant, loin de là » affirme l’échevin en charge du Commerce et du Logement Tanguy Luambua. Rue de la Montagne, des propriétaires rénovent les façades de leurs immeubles. De nouvelles enseignes se sont installées.

Quant aux restaurants qui ont fermé, plusieurs reprises sont intervenues. « S’il y a des départs, il y a aussi des arrivées. Je suis allé récemment à la rencontre de nouveaux commerçants. Enfin, le nombre d’habitants est à la hausse à Charleroi ville, en particulier dans l’intra-ring, ce qui est une bonne nouvelle pour la microéconomie locale. »

L’exode urbain n’est pas synonyme de formule gagnante. « Ça ne marche pas à tous les coups », observe Tanguy Luambua. « Mais nous sommes déterminés à relancer la machine. »

Quelques projets arrivent à terme et vont générer de la fréquentation. L’A6K-E6K, la cité administrative, l’extension du campus de la ville haute pour ne citer que quelques exemples. Il y a aussi une nouvelle dynamique d’animation.

Événements culturels ou populaires, fêtes… Il s’agit de faire revenir les gens en cœur urbain, un travail de longue haleine. En dehors des efforts consentis pour renforcer la sécurité et la propreté, Charleroi soigne enfin son offre de logements.