Le producteur ne cache pas son amertume. « J’ai un profond dégoût envers le pouvoir politique, qui était déjà là au moment de la faillite, je ne vais pas vous le cacher. On a galéré, notre trésorerie a été mise à mal, et on galère toujours aujourd’hui. »
Alors que la haute saison approche pour son activité, Raphaël Keyen dit ne plus avoir l’énergie de poursuivre les démarches. « La belle saison arrive pour nous. Je n’ai pas envie, par dépit, de perdre du temps et de l’énergie à courir derrière Made in BW. On n’a plus grand-chose honnêtement. »
Faute de moyens financiers, l’entreprise n’a pas engagé de procédure judiciaire. « On n’a pas tenté d’actions en justice, faute de moyens. L’argent qu’il manque représente l’équivalent d’un salaire. Il faut le trouver ailleurs pour compenser. »
La province renvoie vers le curateur
En février dernier pourtant, la députée provinciale MR Sophie Keymolen, également ancienne administratrice de Made in BW et présidente du conseil d’administration de l’ASBL avant sa faillite, avait évoqué la possibilité d’une aide aux producteurs lésés.
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« Les informations dont nous disposons permettent d’envisager certaines possibilités afin de venir en aide aux producteurs », avait-elle déclaré, tout en précisant qu’il était encore trop tôt pour détailler les modalités ou les montants concernés.
Aujourd’hui, le dossier semble toujours bloqué au même stade. « Nous sommes toujours dans l’attente du curateur. Tant qu’il n’a pas rendu son rapport, on ne peut pas intervenir », explique Sophie Keymolen. « Nous sommes toujours dans le flou. Nous avons toujours la volonté d’apporter des solutions, mais nous devons attendre le curateur. »
L’élue rappelle également qu’elle ne dispose plus d’aucune prérogative dans le dossier. « Je n’ai plus aucun pouvoir concernant Made in BW depuis la faillite. »
Une procédure qui peut encore durer
La province du Brabant wallon avait déjà indiqué qu’aucune intervention ne pourrait être envisagée tant que la procédure de faillite n’est pas clôturée. Cette règle vise à garantir l’égalité de traitement entre les créanciers.
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Pour les producteurs, l’attente se prolonge donc. Certains auraient perdu plusieurs dizaines de milliers d’euros dans la faillite de la plateforme logistique spécialisée dans la distribution de produits locaux brabançons wallons. Au total, près de 200 000 euros de dettes envers les producteurs avaient été recensés lors de la faillite de l’ASBL en octobre dernier.