Le résumé
La fin du conflit au Moyen-Orient devrait être actée ce vendredi.Les conséquences sur le portefeuille des Belges se feront encore sentir longtemps. A ce stade de 2026, la vie est 2,7% plus chère qu’en 2025.
Le conflit au Moyen-Orient, qui avait débuté fin février 2026, a eu de nombreux impacts directs sur le portefeuille des Belges: hausse des prix de l’énergie, inflation généralisée, indexation des salaires, hausse des taux d’intérêt des emprunts hypothécaires, indexation des loyers, etc. Il s’agit de conséquences à long terme qui ne s’effacent pas d’un coup avec la fin de la guerre.
1/ Hausse des prix de l’énergie
Les prix du gaz ont bondi dès les premiers jours du conflit au Moyen-Orient. Mais les fournisseurs d’énergie ont dû attendre le mois d’avril pour répercuter cela sur leurs offres. Certains contrats fixes ont alors explosé de près de 70%, avant de se stabiliser aux mois de mai et de juin. Mais la détente ne sera sans doute pas immédiate.
« Je ne m’attends pas à voir une grosse chute du cours du gaz. Ce marché fonctionne différemment de celui du pétrole. »
Maxime Sonkes
Drecteur de comparateur-energie.be
Comme l’explique Maxime Sonkes, directeur de comparateur-energie.be, « le marché du gaz fonctionne différemment de celui du pétrole. Sur le marché du gaz, on était à 44 €/MWh ce matin, et cela n’a plus trop bougé, car la plupart des fournisseurs ont des contrats-cadres depuis la crise de l’énergie. Par conséquent, ils ne se ruent pas sur les marchés pour acheter des volumes, car plus de 95% de leur consommation est déjà couverte ».
Il faudra voir si, début juillet, les fournisseurs intègrent la nouvelle donne dans leurs contrats. « Mais on arrive en période estivale où la consommation de gaz en Europe va atteindre son niveau le plus faible. Je ne m’attends donc pas à voir une grosse chute du cours », prévient-il.
2/ Hausse des prix à la pompe
Les automobilistes ont vu leur plein augmenter de plusieurs euros au plus fort de la crise. Le litre de diesel et d’essence E98 a dépassé les 2 euros, ce qui a poussé le gouvernement à décider de mesures d’accompagnement pour les travailleurs se rendant en voiture personnelle au travail.
La détente sur le marché du pétrole a été immédiate après l’annonce de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, même si les prix restent encore nettement plus élevés qu’avant le début du conflit (voir point 3).
3/ Inflation
La hausse du prix de l’énergie a eu des répercussions sur le prix de nombreux biens et services, à commencer par le prix des billets d’avion, qui ont bondi de plus de 34% entre 2025 et mai 2026. Sur la même période, l’augmentation est aussi remarquable pour les disques durs, clés USB ou autres cartes SD. Mais ici, difficile de tenir la guerre au Moyen-Orient pour responsable. De fait, la demande des centres de données et de l’IA ne fait qu’exploser et absorbe une partie importante de la production mondiale de mémoire.
Pour l’instant, l’année 2026 est 2,7% plus chère que l’année 2025.
4/ Taux hypothécaires
Les taux hypothécaires ont franchi le cap symbolique de 4% début avril, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis début 2014. Les taux longs, et donc l’OLO belge à 10 ans, qui sert de référence au calcul des taux des prêts hypothécaires, ont été poussés à la hausse tant par l’incertitude liée au conflit que par l’envolée des prix du baril.
La fin de la guerre pourrait avoir un effet positif sur les taux longs qui seraient moins sous pression et, in fine, faire baisser ceux des crédits hypothécaires.
Le taux fixe moyen à 25 ans a même atteint 4,15% début mai, selon le courtier Immotheker Finotheker et est légèrement retombé après l’annonce de cessez-le-feu au Moyen-Orient, à 4,01%.
La fin de la guerre pourrait donc avoir un effet positif sur les taux longs qui seraient moins sous pression et, in fine, faire baisser ceux des crédits hypothécaires.
Toutefois, cette baisse devrait rester mesurée au vu du contexte économique. L’endettement des États européens, leur besoin de financement pour la transition écologique, la défense et le vieillissement de la population exercent une pression à la hausse sur les taux longs.
5/ Indexation des loyers
La hausse de l’inflation a également des conséquences sur le marché locatif. De fait, l’indexation des loyers – qui ne peut intervenir qu’une fois par an à la date anniversaire de l’entrée en vigueur du bail – est calculée avec l’indice santé qui dépend lui-même du taux d’inflation. Certains locataires risquent donc de payer un loyer plus élevé très prochainement, pour autant que leur propriétaire indexe le loyer (ce n’est pas obligatoire).
Par exemple, un loyer dont le bail est entré en vigueur en juin 2025 sur base de l’indice santé de mai 2025 pourra être indexé en juin 2026 avec le nouvel indice santé de mai 2026.
Supposons que le loyer est fixé à 1.500 euros, le calcul est le suivant: nouveau loyer = (loyer de base*nouvel indice santé)/ancien indice santé. Soit (1.500*139,22)/134,54 = 1.552,18 euros. Sur une année complète, cela signifie que le locataire devra débourser 626 euros supplémentaires.
6/ Guerre des taux d’intérêt
Plusieurs banques ont annoncé récemment une hausse des taux d’intérêt de leurs comptes d’épargne. Cette « guerre des taux » a été provoquée par la remontée des taux d’intérêt sur le marché obligataire, due à la poussée inflationniste liée au conflit au Moyen-Orient. C’est ainsi que Belfius offre désormais 3,10% pour des versements mensuels de 600 euros maximum, juste devant BNP Paribas Fortis, VDK et Argenta (également sur leurs comptes avec versement mensuel maximal).
Mais attention, cette guerre des taux ne se joue actuellement que sur le terrain des comptes d’accroissement. Le taux moyen des comptes d’épargne à préavis de moins de trois mois en Belgique (globalement, les comptes d’épargne réglementés) a continué de descendre pendant le conflit au Moyen-Orient.
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7/ Indexation des salaires
C’est la conséquence de tout ce qui précède: les salaires des travailleurs vont sensiblement augmenter lors de la prochaine indexation, via le mécanisme d’indexation automatique. Actuellement, la prévision d’indexation de la CP 200, la plus grande commission paritaire du pays, atteint déjà 3,8% en janvier 2027. Notons tout de même que les salaires de plus de 4.000 euros ne seront indexés que partiellement, car le gouvernement a décidé de plafonner l’indexation des salaires deux fois au cours de la législature.
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