De nombreuses victimes n’osent pas signaler les faits dont elles sont victimes

Par B.Bt
Publié le 12/06/2026 à 21:01
En région carolo, outre le dernier fait mentionné, l’affaire la plus médiatisée reste l’agression d’une jeune musulmane à Anderlues en 2018. Insultée en raison de son origine supposée, dépouillée de son voile et scarifiée, elle était devenue malgré elle le symbole de violences islamophobes visant spécifiquement des femmes : une marche avait rassemblé plusieurs centaines de manifestants suite aux faits dénoncés.
Ce type d’agression demeure toutefois rare par rapport au nombre de discriminations constatées dans la vie quotidienne. La majorité des dossiers ouverts par Unia, le service public indépendant de lutte contre la discrimination et de promotion pour l’égalité des chances, concerne en effet l’accès à l’emploi, aux études ou aux services.
Unia le souligne également : « Les femmes voilées subissent souvent une double discrimination, à la fois en raison de leur genre et de leur appartenance religieuse. Cette réalité, qualifiée d’« intersectionnelle », apparaît de manière récurrente dans les dossiers traités par l’institution. Sur les dossiers ouverts par Unia pour discrimination fondée sur les convictions religieuses, « plus de trois quarts concernaient l’islam et 64 % des victimes identifiées sont des femmes. » L’emploi constitue le premier domaine de discrimination signalé, devant l’enseignement. L’association précise toutefois que ces dossiers répertoriés ne représentent que la partie visible du phénomène, de nombreuses victimes n’osant pas signaler les faits dont elles sont victimes.