Ces deux nouveaux membres du gouvernement bruxellois ne pourront plus fustiger cette institution sous la coupole de la Région bruxelloise. Une institution dont le fonctionnement ne fait pas l’unanimité. Premier constat important : c’est celle qui a connu la croissance la plus forte du personnel, passant de 67 en 2015 à 371 en 2024. Pourquoi une telle hausse ?

La peur de coupes drastiques à Bruxelles ? « Des choix douloureux, mais il ne faut pas être aveugle »Création en 2014

Parking. brussels existe depuis une dizaine d’années à peine. Elle a été mise sur pied en 2014 quand le gouvernement bruxellois de l’époque a décidé que les communes ne pouvaient plus avoir recours à une société privée pour gérer le stationnement. Elles sont actuellement douze communes à lui faire confiance. Woluwe-Saint-Pierre va s’ajouter à la liste début mars.

Six communes ont choisi l’autre solution possible, à savoir utiliser leurs propres services (Bruxelles-Ville, Uccle, Saint-Josse, Etterbeek, Auderghem et Woluwe-Saint-Lambert). « On aimerait convaincre les 6 communes restantes de nous rejoindre », nous explique le porte-parole Pierre Vassart. Mais la partie n’est pas gagnée. Olivier Maingain, le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, nous donne les raisons pour lesquelles il n’entend pas travailler avec Parking. brussels : « Un service insuffisamment personnalisé, un contrôle en grande partie avec des véhicules scanneurs alors que chez nous c’est mixte, et enfin un rendement moindre » qu’en cas d’auto-gestion.

guillement

Dix à douze agents par commune sont amplement suffisants. »

À l’entendre, ce rendement moindre est lié aux coûts de fonctionnement. À l’heure actuelle, Parking.brussels travaille avec 180 stewards pour le contrôle à répartir sur 12 communes, soit une moyenne de 15 personnes par commune. « Dix à douze agents par commune sont amplement suffisants », estime Olivier Maingain.

Aux stewards de Parking.brussels s’ajoutent 50 personnes pour le service clientèle et 15 personnes pour le service recouvrement. Le service Ressources humaines occupe, lui, 15 personnes et la comptabilité 20. Il y a 6 personnes rien que pour la communication. Tout cela paraît beaucoup pour la seule gestion du stationnement au sens large (y compris park & ride, le stationnement vélo sécurisé, le développement du parking hors voiries, etc.).

Fini, la hausse parfois vertigineuse des fonctionnaires à Bruxelles…Recettes pour les communes

Il est évident que le coût de ces effectifs se répercute dans les tarifs du stationnement, qui ont été indexés en mai dernier. « Cela faisait longtemps que les tarifs n’avaient plus été revus », nuance Pierre Vassart.

Il faut savoir que c’est la Région bruxelloise qui décide des tarifs, mais que ce sont les communes qui déterminent les horaires (jusqu’à quelle heure l’horodateur tourne) et les zones (liées aux types de tarifs).

Les 12 communes délégantes perçoivent 85 % des recettes desquelles ont été déduits les frais d’exploitation de Parking. brussels. Des frais d’exploitation qui s’élevaient à… 40,5 millions d’euros en 2024.

guillement

Moins de personnel signifie moins de contrôle et donc moins de recettes. »

Ne peut-on pas en déduire que les tarifs auraient moins augmenté s’il y avait eu moins d’effectifs ? « Moins de personnel signifie moins de contrôle et donc moins de recettes », rétorque Pierre Vassart. Mais comment justifier certains services pléthoriques qui n’ont rien à voir avec le contrôle comme la communication ? « On a une obligation d’informer le public », réplique Pierre Vassart.

On se réjouit du nouveau gouvernement côté immobilier, mais deux points noirs persistent: « C’est surtout ça qui est dommage pour les Bruxellois »

Et d’assurer que toutes les communes qui ont fait appel à Parking.brussels, y compris celles qui travaillaient avec le secteur privé, « ont vu la différence » en termes de recettes récoltées. Le montant distribué aux communes s’est élevé à 42,3 millions en 2024. Cela reste toutefois moins de la moitié des redevances acquittées qui s’élevaient à 90,4 millions d’euros…