Celui-là même qui, devenu papa récemment, avait ému les auditeurs de Viva For Life sur son passé d’enfance difficile en rappelant qu’il avait connu « la boîte à tartines vide, l’eau coupée et les huissiers ». D’où le titre de son spectacle, intitulé « Spécial » pour cet humoriste devenu pro du mix entre absurde et humour noir et qui s’est toujours senti « spécial » dans cette société. « Ce n’est pas dans le sens que j’ai quelque chose en plus que les autres mais plutôt que j’ai quelque chose qui cloche en plus que les autres… dixit cet outsider, atteint d’un trouble de l’attention, qui a trouvé dans l’humour sa revanche. C’est en tout cas ce que disaient les amis de mes parents : ‘il est un peu spécial Gaëtan' »
Un handicap devenu une force aujourd’hui ?
« Maintenant, je considère vraiment que c’est un atout. J’ai trouvé des branches où le fait d’être un peu particulier m’aide à me distinguer, à vraiment dire ce dont j’ai envie dans la tête depuis que je suis tout petit. Je n’ai pas subi des choses que certains ont subies comme de l’agression vis-à-vis de mon orientation sexuelle… Je ne peux pas aider ou représenter ces gens-là. Par contre, ceux qui étaient considérés comme des losers, oui. »
Vous avez été mis de côté durant votre enfance ?
« Totalement ! Avoir de la surcharge pondérale en primaire, c’était plus ou moins comme la lèpre ! Donc ce n’était vraiment pas cool à vivre. Du coup, très vite, j’ai dû trouver mon moyen de fréquenter la cour des cool et il fallait donc que je sois drôle. Le rire sauve de tout. Car rire, ce sont des petits points de jonction de l’humanité. »
D’où ce look « spécial » à la Coluche désormais ?
« (Sourire). Personne ne m’a jamais appelé Coluche ! J’ai commencé à porter des salopettes hyper tard, après le Covid. C’est ma femme qui m’en a acheté une un jour, je l’ai testé et j’étais en mode : ‘j’aime trop’ Et puis oui, il y avait un clin d’œil à Coluche, de la scène. Et puis, franchement, ça se lave très facilement (sourire) ! C’est très cool à interchanger aussi car t’as juste à mettre un t-shirt en dessous. Je me sens bien dedans, j’ai kiffé tout de suite ! Ça fait un peu grand enfant qui correspond bien avec ce que je fais sur scène. Un look fort lié à la revanche de l’enfance. Cela permet un peu d’être le garçon qui n’a pas grandi. »
Et vous voilà, depuis deux ans, joker de Jérôme de Warzée, tous les jeudis matin, dans le 8/9 sur les ondes de Vivacité.
« Oui, je suis content. Même si je dois encore bosser ma rythmique et mon élocution parce que je parle trop vite en chronique. Je vois une logopède et une metteuse en scène pour que je place mieux ma voix, mon texte et que je parle plus lentement. Comme mon énergie sur scène n’est pas du tout ça, je pense que les gens m’aiment à la fois pour ça mais aussi malgré ça (sourire). Sinon plein de gens sont trop gentils dans la rue depuis que je fais le Cactus. Ils me reconnaissent, me disent que c’est trop bien. Franchement, ça, c’est très chouette. »