Ce 17 juin 2026, Lio fête ses 64 ans. Une date symbolique pour celle qui reste l’une des figures les plus singulières de la chanson française.
Derrière les tubes des années 1980, l’interprète de Banana Split a aussi traversé des périodes bien plus compliquées.
Avant de refaire sa vie au Portugal, la chanteuse avait tenté de s’installer loin de l’agitation, dans un discret village de Charente, peuplé de moins de 500 habitants. Une parenthèse de plusieurs années qui s’est pourtant terminée dans la douleur.
À Vitrac-Saint-Vincent, Lio rêvait d’un refuge loin de la célébrité
Bien avant son départ pour Lisbonne, Lio avait trouvé un point de chute inattendu dans le petit village de Vitrac-Saint-Vincent, en Charente. Une commune rurale située entre Chasseneuil-sur-Bonnieure et Montembœuf, à une trentaine de kilomètres d’Angoulême. Aujourd’hui encore, le village compte moins de 500 habitants.
En 1993, la chanteuse décide d’y poser ses valises avec le musicien Alexis Tikovoï, père de son fils Igor. À l’époque, l’artiste aspire à une existence plus calme. Loin des plateaux télévisés et de l’exposition médiatique, elle imagine un quotidien plus simple.
Dans cette campagne verdoyante, Lio acquiert une maison modeste, sans ostentation. Le lieu devient rapidement un refuge. Une façon aussi de construire une forme de stabilité familiale après des années passées entre tournées, studios et déplacements.
Avec le recul, cette période ressemble presque à une tentative d’enracinement. Car la chanteuse l’a souvent reconnu : elle n’a jamais vraiment eu le sentiment de posséder un port d’attache. Dans un entretien accordé à Gala, elle résumait ce rapport compliqué à la stabilité avec des mots très directs : « Je suis une nomade avec tout ce que ça implique. »
Cette maison charentaise représentait donc beaucoup plus qu’un simple bien immobilier. Elle incarnait une possibilité de ralentir, de créer autrement et d’offrir un cadre paisible à ses enfants.
Une maison vendue aux enchères après des difficultés financières
Mais ce rêve de campagne tourne court à la fin des années 1990. Derrière l’image populaire de la chanteuse, les difficultés financières deviennent de plus en plus lourdes.
Lio n’a jamais caché son rapport compliqué à l’argent. Invitée de Quotidien en 2018, elle reconnaissait avec franchise : « Je suis riche de plein de choses mais pas sur mon compte en banque. » Une phrase devenue emblématique de sa situation.
À l’époque de sa vie charentaise, une société liée à la propriété accumule des dettes importantes. Le tribunal d’Angoulême finit par ordonner la vente aux enchères de la maison de Vitrac-Saint-Vincent.
Le choc est brutal. Selon les informations relayées à l’époque par le quotidien belge Le Soir, le domaine est finalement vendu pour 114 000 francs, soit environ 17 400 euros. Une somme particulièrement faible pour une propriété entière.
La situation est d’autant plus difficile à vivre qu’il ne s’agit pas d’un simple investissement perdu. Pour Lio, ce lieu représentait une forme d’équilibre. Pendant près de six ans, elle avait tenté d’y construire quelque chose de durable.
Ironie de l’histoire, le bien finit par être racheté par la municipalité du village au début des années 2000. Une issue qui marque définitivement la fin de ce chapitre charentais.
Lisbonne, une nouvelle vie plus simple après les épreuves
Après ces années compliquées, Lio choisit progressivement de quitter la France. Direction le Portugal, son pays natal. Née à Mangualde en 1962, la chanteuse renoue avec ses origines et s’installe à Lisbonne.
Ce retour n’a rien d’un exil luxueux. Bien au contraire. L’artiste revendique un mode de vie plus simple, adapté à sa réalité financière. En 2018, elle expliquait sans détour à Paris Match : « Je cherche une maison, mais je cherche une maison pour pas cher car je ne suis pas très riche. »
Dans la capitale portugaise, Lio dit avoir retrouvé une forme de sérénité. Elle vit dans un quartier populaire, qu’elle apprécie pour son énergie et sa lumière. À Nous Deux, elle confiait même avoir quitté la France pour « régénérer [ses] racines ».
Les difficultés financières n’ont pourtant jamais complètement disparu. En 2024, la chanteuse avait même sollicité l’aide de ses fans pour financer un nouvel album via une cagnotte participative. Le pari avait finalement fonctionné. En quelques semaines, les contributions avaient dépassé les attentes.
À 64 ans, Lio continue donc d’avancer, entre musique et reconstruction. La petite maison de Vitrac-Saint-Vincent, elle, appartient désormais au passé. Mais ce village de moins de 500 habitants reste le témoin discret d’un moment où la chanteuse avait sincèrement cru pouvoir se poser.
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