« Coutures », sorti le 18 février, raconte l’histoire d’une cinéaste qui apprend pendant un tournage qu’elle a un cancer du sein. La réalisatrice française Alice Winocour livre ici un récit inspiré de sa propre expérience, avec l’actrice américaine Angelina Jolie dans le rôle principal.

« Coutures » suit Maxine (Angelina Jolie), une réalisatrice de Los Angeles venue tourner un court métrage pour ouvrir la Fashion Week de Paris. Elle y croise Ada (Anyier Anei), une mannequin sud‑soudanaise en exil, et Angèle (Ella Rumpf), une maquilleuse française qui rêve d’écrire. Pendant ce séjour, Maxine apprend qu’elle a un cancer du sein. Elle doit interrompre sa carrière et commencer un traitement.

Cette trajectoire fait écho au parcours personnel de la réalisatrice Alice Winocour. « C’est mon histoire, explique-t-elle dans le 12h30 du 16 février, comme pour tous mes films, ça part de quelque chose d’intime et de personnel. Celui-ci encore plus que les autres, puisque j’ai moi-même vécu le parcours de Maxine Walke (…). J’ai fait ce film pour me réparer et j’espère qu’il réparera d’autres femmes ».

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Angelina Jolie dans un rôle intime

Pour le personnage principal de Maxine, la réalisatrice a confié avoir cherché une actrice qui puisse s’impliquer au moins autant qu’elle sur le film. Son choix s’est tourné vers Angelina Jolie. Porteuse d’un gène défectueux – sa mère et sa grand-mère sont mortes d’un cancer du sein -, la star américaine de 50 ans a subi une double mastectomie (ablation des deux seins) et une ovariectomie (ablation des ovaires), destinées à réduire drastiquement ses risques de développer un cancer.

A la question de savoir s’il n’est pas intimidant de faire tourner Angelina Jolie, la réalisatrice répond par la négative, avant d’ajouter: « On a partagé nos cicatrices ».

>> Ecouter, l’interview d’Alice Winocour, réalisatrice du film « Coutures » : L’invitée du 12h30 – Alice Winocour, réalisatrice du film « Coutures » / L’invité du 12h30 / 8 min. / lundi à 12:52 Un besoin de récit collectif

Contrairement à ses films précédents qui brossaient des parcours individuels – une jeune patiente du docteur Charcot à la fin du XIXe siècle dans « Augustine » (2012), une astronaute dans « Proxima » (2019) et une survivante d’attentat dans « Revoir Paris » (2022) -, « Coutures » raconte cette fois-ci un destin collectif. « J’ai l’impression que l’époque dans laquelle on vit, on est tous dans une forme de solitude et en même temps on a besoin d’être ensemble », dit Alice Winocour.

Ainsi « Coutures » croise le destin de trois femmes d’âges et d’origines différentes confrontées à des bouleversements intimes et qui ont en commun cette idée de réparation. « J’ai eu l’impression de coudre des morceaux de vie ensemble », résume la réalisatrice.

Le corps des femmes au centre

Si elle a choisi de placer son récit dans le cadre de la Fashion Week de Paris, c’est parce qu’elle voit dans l’univers de la mode une métaphore des apparences: « La mode, c’est un monde où il faut cacher les blessures ».

Un univers qui lui permet aussi d’aborder les règles imposées aux mannequins et la réalité physique de ces jeunes femmes. Une scène montre Ada en plein shooting. Elle porte une robe légère par grand froid. La maquilleuse vient faire des retouches et un filet de sang apparaît sur la cuisse de la mannequin. Cette scène s’inspire d’un témoignage réel entendu dans les coulisses des défilés. « Derrière ces images glacées, il y a des femmes qui ont un corps et une voix », souligne encore Alice Winocour.

Propos recueillis par Pauline Rappaz

Adaptation web: Sébastien Foggiato/aq

« Coutures » d’Alice Winocour, avec Angelina Jolie, Anyier Anei et Ella Rumpf. A voir dans les salles romandes depuis le 18 février 2026.