La première séance de pourparlers visant à « parvenir à un accord final » d’ici 60 jours sur le nucléaire iranien devrait « vraisemblablement » se dérouler dans la foulée, selon le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.

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Ormuz: l’Iran réaffirme qu’il appliquera des frais de service, à l’issue des 60 jours de négociations

L’accord « acte l’échec des Etats-Unis », estime le négociateur en chef iranien

Prévot désapprouve l’invitation faite aux Talibans par l’UE mais ne peut s’y opposer

La Belgique a reçu les trois premières demandes de visa destinées à une délégation du régime taliban et en attendait encore deux autres, a indiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, en commission de la Chambre. Le chef de la diplomatie a affirmé qu’il désapprouvait cette invitation faite par la Commission européenne mais qu’il ne pouvait s’y opposer.

En mai, la Commission européenne a annoncé son « intention d’inviter prochainement des responsables talibans à Bruxelles pour des discussions portant sur le renvoi de migrants vers l’Afghanistan ». La Commission martèle que cette réunion se déroulera à un « niveau technique » et pas directement avec les leaders du gouvernement. Mais cette initiative suscite l’indignation d’ONG, en raison des atteintes aux droits humains perpétrées par le régime taliban. Elle implique en outre de dialoguer avec les autorités talibanes, de retour au pouvoir depuis 2021, mais que l’UE ne reconnaît pas officiellement. »

Je désapprouve personnellement la démarche d’inviter des représentants du régime des Talibans à Bruxelles. Je n’accepterai pas que le gouvernement belge invite en son propre nom des représentants du régime des Talibans sur notre territoire », a souligné M. Prévot en réponse à une question de Lydia Mutyebele-Ngoi (PS).

Mais en tant que pays hôte d’institutions comme celles de l’Union européenne, la Belgique ne peut refuser des invitations adressées par celles-ci à des représentants de régimes qu’elle ne reconnaît pas, a fait remarquer M. Prévot.

« Si la Belgique venait à se prononcer sur l’opportunité des invitations que les institutions européennes ou autres institutions internationales présentes sur son territoire adressent dans le cadre de leurs activités, nous risquerions d’affaiblir la position de Bruxelles en tant que capitale internationale et diplomatique. Notre politique de siège nous impose de faciliter les réunions organisées par les institutions européennes et de ne pas créer d’obstacles à la tenue de celles-ci », a-t-il expliqué.

« Notre rapport au régime en place ne doit pas entrer en ligne de compte dans le traitement des demandes de visas », a-t-il ajouté.

Téhéran déclare examiner une signature de l’accord Iran/USA par les présidents des deux pays

L’Iran examine la possibilité que son protocole d’accord avec les Etats-Unis soit signé par les présidents des deux pays, lors d’une rencontre prévue en fin de semaine en Suisse. »Jusqu’à présent, nos plans pour la réunion » prévue en Suisse vendredi « n’ont pas changé » et « concernant la signature du mémorandum d’entente, l’une des idées est qu’elle soit effectuée par les présidents des deux pays, ce qui est actuellement à l’étude », a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei.

L’Iran avait jusque là affirmé que le texte serait signé par son principal négociateur, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le vice-président américain JD Vance.

Washington dévoile le texte du protocole d’accord avec l’Iran

Les autorités américaines ont dévoilé mercredi le texte du protocole d’accord conclu avec l’Iran, dans lequel Téhéran s’engage notamment à diluer ses stocks d’uranium enrichi dans le cadre de négociations à venir sous 60 jours, en échange de la levée des sanctions.

Il s’agit d’une « victoire majeure », a déclaré à des journalistes un haut responsable américain à propos de cet engagement de l’Iran, après avoir détaillé le contenu du protocole d’accord qui doit encore être formellement signé.

Washington s’engage à faciliter un fonds de 300 milliards de dollars pour l’Iran en cas d’accord définitif

Les Etats-Unis s’engagent à faciliter le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement de l’Iran en cas d’accord définitif sur le nucléaire iranien, selon le texte du protocole d’accord conclu entre Washington et Téhéran et dévoilé mercredi.

« Les Etats-Unis s’engagent, avec leurs partenaires régionaux, à élaborer un plan définitif, convenu d’un commun accord, d’un montant d’au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique de la République islamique d’Iran » dont les modalités de mise en oeuvre doivent être finalisées lors des négociations, a indiqué un haut responsable américain qui a lu le texte à des journalistes.

L’Iran sera, par ailleurs, autorisé à vendre son pétrole dès la signature formelle de ce protocole d’accord.

Trump dit que l’accord avec l’Iran sera signé « bientôt, », « peut-être » jeudi ou vendredi

Trump répète que les Etats-Unis « prendront » l’uranium enrichi iranien même s’il est « sans valeur »

Trump vante son « formidable partenariat » avec Netanyahu

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son « formidable partenariat » avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

« Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s’emporte un peu parfois », a-t-il déclaré. « Nous avons un partenariat formidable », a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de « petit différend ».

Le président américain a indiqué que l’accord avec l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé « bientôt », « peut-être » jeudi ou vendredi. Israël a reçu une copie de l’accord, a-t-il ajouté, affirmant que Washington et Téhéran allaient « très probablement » signer ce texte. Il a enfin répété que les Etats-Unis « prendront » l’uranium hautement enrichi de l’Iran même s’il est « sans valeur ».

Le chef du Hezbollah félicite l’Iran pour une « grande victoire »

Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a qualifié mercredi l’accord annoncé entre les Etats-Unis et l’Iran de « grande victoire » pour Téhéran, et de « moment charnière » pour le Liban.

Dans un message télévisé, il a félicité « le peuple iranien, la résistance et les peuples (…) assoiffés d’indépendance et de liberté pour cette grande victoire », et remercié Téhéran pour avoir lié le front libanais à son accord avec les Etats-Unis.

Le chef du Hezbollah a appelé à « tirer profit » de cet accord irano-américain – qui inclue le front libanais selon des responsables iraniens et américains, et le médiateur pakistanais – pour « expulser Israël » du territoire du pays.

Le Liban mène parallèlement depuis avril des négociations directes avec Israël sous l’égide de Washington, que le Hezbollah a rejetées, et que Beyrouth entend poursuivre indépendamment de l’accord Iran-USA.Une cinquième session de négociations est prévue la semaine prochaine à Washington entre les deux pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques.

Tout en réitérant son rejet de ces négociations directes avec Israël, « faites de compromis », M. Kassem a affirmé qu’elles devaient se limiter à « la sécurité mutuelle », sans intégrer un quelconque « projet de désarmer » son mouvement, qui « ne passera pas ».Ce projet serait « une recette d’Israël pour tout s’approprier et détruire le pays », a-t-il fustigé.

Il a appelé à laisser la question « interne » du désarmement « complètement » en dehors des négociations, au même titre que « les questions d’économie ou de stratégie sécuritaire nationale ».Il a en même temps estimé que « la principale demande » du Liban doit être de « rétablir la souveraineté du pays ».

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Après plus de trois mois de guerre qui ont fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, de laborieuses négociations et de multiples volte-face de Donald Trump, les Etats-Unis et l’Iran ont fini par trouver une entente sur de grandes lignes.

« La question est de savoir jusqu’où les Américains veulent aller » : quels leviers possède Trump pour faire plier Israël sur le retrait de ses troupes ?

Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf sera présent à la signature, ainsi que le vice-président américain JD Vance.

Le président américain est en ce moment dans les environs, au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian. Les trois hommes ont déjà paraphé le document par voie électronique.

Le texte, dont le contenu devrait être rendu public dans les prochains jours, fait environ « une page et demie » et est « très général », a indiqué JD Vance sur CNN.

Pétroliers iraniens

Premier effet dans le Golfe, selon la diplomatie iranienne: le blocus américain sur les ports iraniens, imposé le 13 avril en réponse au verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran depuis le début du conflit fin février, a été levé.

D’après la télévision d’Etat, trois pétroliers iraniens se trouvent en ce moment dans l’océan Indien, et d’autres navires circulent vers les ports du sud du pays.

Les Etats-Unis n’ont pas confirmé à ce stade l’information. Donald Trump avait évoqué une levée du blocus vendredi, parallèlement à la réouverture complète du stratégique détroit, dont la quasi paralysie a fortement perturbé le trafic maritime mondial et fait flamber les prix du pétrole.

« Si le sentiment est que leur relation personnelle se détériore et que Trump ne sera plus là pour lui, alors le calcul de Netanyahu pourrait changer »

Les cours ont accentué leur baisse mardi, le baril du Brent, référence mondiale du brut, tombant pour la première fois depuis mars sous la barre des 80 dollars, clôturant à 78.96 dollars.

Le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier, a rapporté que Washington autorisera Téhéran à commencer immédiatement à vendre du pétrole et du carburant dans le cadre de l’accord.

Une incertitude demeure cependant quant à la gestion d’Ormuz: l’Iran ne compte pas revenir à la situation d’avant-guerre et entend facturer des frais liés aux services aux navires, alors que les Etats-Unis voudraient que le passage reste gratuit.

« Répit »

Dans une tribune au magazine Time, Ali Vaez, de l’International Crisis Group, estime que l’accord ne représente pas « une avancée majeure au sens large du terme ».

« Il ne rapproche pas les discours américains et iraniens, qui semblent irréconciliables, ne règle pas le différend nucléaire et n’inaugure pas un nouvel ordre régional », dit-il.

Mais il « offre un répit permettant à la diplomatie de tenter de se remettre de la violence qui a failli l’ensevelir ». Les protagonistes « marchent sur un fil », reste à voir s’ils parviendront à transformer l’essai « avant que quelqu’un ne chute », estime-t-il.

Au cours des 60 prochains jours, place aux questions les plus délicates, où les divergences restent fortes: le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines qui asphyxient l’économie du pays.

Les discussions se dérouleront dans un climat de défiance alors que les précédents pourparlers ont été rompus à deux reprises par des frappes israélo-américaines.

À Beyrouth, la prudence malgré l’espoir d’un cessez-le-feu durable : « Il n’y a aucune garantie pour le Liban dans cet accord »

« Nous avons un passif d’engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit », a averti Abbas Araghchi.

Le chef de la diplomatie iranienne a par ailleurs insisté mardi sur l’importance de mettre fin aussi à la guerre au Liban entre les forces israéliennes et le Hezbollah pro-iranien, dont le chef a remercié la République islamique pour son soutien.

En Israël, où l’accord américano-iranien laisse un goût amer, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu que ses troupes resteraient au Liban, en Syrie et à Gaza « aussi longtemps que nécessaire ».

Et mardi, quatre personnes ont été tuées par des frappes israéliennes dans le sud du Liban, selon l’Agence nationale libanaise (Ani). L’armée israélienne dit avoir riposté à des tirs de roquettes du Hezbollah.

L’armée iranienne a menacé d’une « réponse sévère » si Israël ne cessait pas ses frappes au Liban, a prévenu le commandement des forces armées, Khatam al-Anbiya, dans un communiqué cité par la télévision d’Etat Irib.

burx-mdh-lb/ube