
Publié le 16 juin à 08h30
Alors que Tesla est la seule à proposer la « conduite entièrement automatique » en Belgique (qui fonctionne très, très bien !), on se pose des questions sur l’intérêt réel, les enjeux d’assurance, d’acceptation sociale et de concurrence.
Je teste depuis quelques jours la « Conduite entièrement automatique » de Tesla, la seule actuellement autorisée en Belgique. Malgré quelques secondes d’hésitation avant le premier trajet, l’expérience se révèle étonnament rassurante. La technologie promise par Elon Musk est une réalité dans notre pays, pour ceux qui possèdent une Model 3 ou Y récente.
Dans le cadre du RTL info 19h, on a fait un test plus compliqué : des travaux sur l’autoroute, avec un marquage au sol très approximatif et des bandes qui vont tous les sens. La voiture s’en sort toujours aussi bien : conduite souple, fluide, sécurisante… pas une hésitation ni un coup de frein ou de volant inquiétant. Durant le passage des travaux, incluant une sortie d’autoroute entre des panneaux de chantier, elle est restée parfaitement sereine dans sa conduite, et n’a jamais demandé que je reprenne le volant.
Pas de doute après quelques jours : elle roule mieux que la majorité des conducteurs humains, dans le sens où elle est plus prudente, tout en se comportant de manière sécurisante et rassurante. Généraliser ce type de conduite sur les routes ferait indéniablement baisser la mortalité, éviterait les accidents dus à la vitesse excessive ou l’alcool…
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Plusieurs questions se posent cependant :
Qui va payer 50 ou 100 euros par mois (ou une option à 7 ou 8.000 euros à l’achat, si elle existe encore) pour regarder sa voiture conduire ? Car c’est littéralement ce qui arrive : les yeux doivent regarder la route sous peine d’arrêt de la CEA, les mains doivent être sur les genoux (par exemple).Est-ce juste le premier pas, une période d’acceptation sociale, avant un déploiement qui laisserait plus de liberté au conducteur (dormir, travailler, jouer) ?Tous les constructeurs vont-ils passer des années à développer un système aussi performant que celui de Tesla, puis le faire homologuer dans chaque pays ? Ou bien Tesla va essayer de leur vendre sa CEA ?Si on peut dormir au volant, comment le constructeur va-t-il s’arranger avec l’assureur en cas d’accident ?
Pas de réponse pour l’instant, mais des spéculations :
Ceux qui accepteront de payer pourraient être des personnes qui ne sont pas à l’aise sur la route, ont perdu confiance dans leur réflexe. Des accidents pourraient être évités.Le premier pas avant un déploiement généralisé, à des degrés variables ? Oui, certainement. Tesla a ouvert la voie, et il est le seul à proposer une option de conduite entièrement automatique. La concurrence doit être en train de se poser 1.000 questions sur la stratégie à adopter…L’une de leurs options, c’est effectivement, si Tesla le permet, d’acheter le « cerveau » de la voiture à l’entreprise d’Elon Musk. Mais à quel prix ? Et est-ce raisonnable de laisser une telle technologie au sein d’un seul acteur, américain (et parfois « instable ») qui plus est ?J’ose à peine imaginer l’imbroglio administratif si la conduite ne doit plus être supervisée… Si on peut dormir au volant, qui est responsable de l’éventuel accident ? Casse-tête en vue pour les assureurs et les constructeurs.
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