Plus qu’un malaise, plus qu’une dérive électoraliste, il est intolérable qu’un logement social ou une aide publique puissent sembler dépendre d’un message WhatsApp, d’un coup de téléphone politique ou d’une proximité partisane. Les règles existent précisément pour garantir l’égalité de traitement entre tous les citoyens, à commencer par les plus fragiles. À quoi servent les procédures si chacun pense qu’une intervention personnelle peut les contourner ?

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Lorsqu’une pratique contestable s’enracine, se répand et se tolère, elle cesse d’apparaître comme une anomalie. Elle devient une habitude, une tradition, presque une évidence. Les baronnies bruxelloises semblent avoir prospéré dans ce flou où les frontières entre service au citoyen et intervention politique finissent par s’estomper. Le problème est d’autant plus préoccupant que chaque faveur supposée accordée à l’un alimente le sentiment d’injustice chez les autres.

Dans la capitale, si un élu continue parfois à être perçu comme celui qui obtient des passe-droits plutôt que comme celui qui garantit le bon fonctionnement des institutions, c’est qu’il y a urgence à réaffirmer les principes et à sanctionner les dérives. La rupture ne viendra pas d’un changement de majorité ou de quelques démissions. Elle viendra le jour où chacun acceptera que les biens publics n’appartiennent ni aux partis, ni aux élus, ni aux barons locaux. Ils appartiennent aux citoyens.