Qu’est-ce qui a servi de moteur aux chansons de ce deuxième album ?
Mentissa : Le disque s’appelle Enfants difficiles, mais la chanson du même nom n’est arrivée qu’à la fin. Pendant très longtemps, j’ai eu tendance à me mettre la pression, à me glisser dans la peau de la fille parfaite. Sans doute, parce qu’à 6 ou 7 ans, j’étais très turbulente et on me l’a reproché. Je ne voulais pas que ma mère soit convoquée à l’école parce que je répondais aux profs. Je me suis formatée pour ne pas déranger. En écrivant ce deuxième album, je me suis surprise à me demander : « Mais pourquoi ne parlerais-tu pas de la fille que tu es tous les jours, spontanée, assez “chill”, un peu désinvolte ? » C’est tout le paradoxe : j’ai dû faire 20 000 concerts, et j’ai toujours si peu confiance en moi ! À 27 ans, il est temps de s’écouter et de ne plus se mettre la pression pour entrer dans des cases.
Vous souvenez-vous comment vous vous êtes mise à chanter ?
J’adorais regarder Disney Channel, les séries et les comédies musicales comme Glee. À la maison, en Belgique, je m’inventais une vie de pop star dans ma chambre avec une brosse à cheveux comme micro. Un jour, ma mère, qui m’entendait chanter très fort sous la douche – alors que, comme une idiote, j’étais persuadée que personne ne m’entendait –, m’a dit : « C’est plutôt bien. » J’ai compris que j’avais des facilités.
Et comment vous viennent vos chansons, vos mélodies ?
Toujours aux pires moments. (Rires) Quand je suis dans le train et que j’arrive à Bruxelles, j’attrape ma valise, et là, j’ai un air qui me trotte dans la tête. Je le chantonne, pas trop fort pour ne pas déranger les gens autour. Je m’enregistre sur mon dictaphone. Après, je réécoute : c’est tout pourri, le son est cracra, mais ça marche. (Rires)
En parallèle de ce disque, on vous verra dans la série Ici tout commence, sur TF1, à partir du 29 juin. Quel est votre rôle ?
C’est un petit rôle. On m’a demandé de jouer une version un peu blingbling de moi-même, genre la Parisienne qui débarque de la capitale. J’espère que je ne m’en suis pas trop mal sortie. (Rires)