Fait personnel
Le Premier ministre Bart De Wever a estimé que Georges-Louis Bouchez avait de « mauvais amis », puisqu’ils lui avaient offert le livre de Paul Magnette. Ce dernier a rappelé qu’il y a dix ans, Maxime Prévot était fermement opposé au CETA lorsqu’il était numéro deux du gouvernement wallon, preuve, selon lui, que les Engagés changent d’avis au gré des alliances gouvernementales qu’ils nouent.
Les socialistes ont hué le président du MR lorsque celui-ci s’est ensuite exprimé.
C’est au milieu de ces échanges peu amènes que le député Patrick Prévot (PS) s’est levé pour aller chercher un verre d’eau. Ce geste lui a valu une remarque acide de Georges-Louis Bouchez, le président du MR l’accusant une fois de plus de vouloir filer « à la buvette ». Il y a deux mois déjà, le libéral l’avait apostrophé lors des débats sur la loi-programme : « Monsieur Prévot, arrêtez, allez à la buvette, c’est là que vous êtes le meilleur ! »
Le débat sur les pensions dégénère à la Chambre : « Vous ne méritez plus d’être président ! »Insulte
Patrick Prévot a réagi au quart de tour, exigeant qu’un « fait personnel » soit reconnu et réclamant de pouvoir s’exprimer sur les invectives de Georges-Louis Bouchez. Les deux hommes, c’est de notoriété publique, ne se supportent pas. Le président de la Chambre, Peter De Roover (N-VA), n’en a eu cure et il a préféré laisser les membres du gouvernement répondre.
Le chef de groupe du PS, Pierre-Yves Dermagne, est alors monté à la tribune pour demander la parole au président de la Chambre, mais ce dernier est resté inflexible. Patrick Prévot a rappelé avoir déjà envoyé un courrier au président pour dénoncer cette attitude, jugeant que M. Bouchez faisait honte au Parlement. « Je me suis fait insulter deux fois par un fantôme parlementaire, qui ne vient à la chambre que 5 minutes tous les jeudis », a-t-il déploré, regrettant que sa parole ne soit pas entendue.

Patrick Prevot a demandé à répondre mais cela ne lui a pas été accordé. ©Belgaimage
M. De Roover n’a pas davantage changé d’avis et a fait passer le débat à un autre point.
Ce n’est que plus tard qu’une voix discordante de la majorité a osé s’élever pour dénoncer ce qu’elle considérait comme une injustice à l’égard du député Prévot. « Un député vaut un député », a regretté Michel De Maegd (Les Engagés), jugeant qu’un fait personnel de ce niveau méritait qu’on s’y attarde.
L’élu centriste a reçu les applaudissements du PS. Les propos de M. Bouchez sur la buvette ne seront pas repris dans le compte rendu de la Chambre.