La montée de Nicolas Raskin, lundi dernier, a coïncidé avec le visage moins apathique, plus mobile, plus joueur des Diables rouges. Profil extrêmement apprécié par Rudi Garcia, auprès de qui il a pris une nouvelle dimension, le « pitbull liégeois » (25 ans) a marqué des points contre l’Égypte et pourrait en profiter pour endosser le costume de titulaire face à l’Iran, dimanche soir. Au détriment potentiellement d’Amadou Onana. Bien intégré au sein du noyau noir-jaune-rouge, l’ancien Rouche affiche sérénité, humilité et ambitions.
Nicolas, après le premier match contre l’Égypte, on se pose la question de savoir si les Diables rouges doivent jouer avec Raskin ou Onana. Quel est votre avis sur cette situation ?
Je pense qu’on est deux profils différents. Ce n’est pas à moi de faire le choix, ce sera au coach de juger en fonction des forces et faiblesses de l’Iran. Bien sûr, chaque joueur a envie de jouer quand on vient ici et qu’on participe à une Coupe du monde. Le plus important n’est pas qui commence, mais que la Belgique gagne ce match.
Il y a deux ans, vous étiez très loin des Diables rouges. Cette fois, vous êtes en balance pour être titulaire dans un match de Coupe du monde. Mesurez-vous le chemin parcouru depuis lors ?
Tout à fait, je savoure à fond ce tournoi. Je prends énormément de plaisir, j’apprends tous les jours. Mais je ne mets pas de pression par rapport au temps de jeu. Je suis ici pour aider l’équipe au maximum si elle a besoin de moi. C’est un long parcours, c’est vrai, je suis en tout cas très heureux d’être là aujourd’hui.
Comment avez-vous appris que vous ne joueriez pas le premier match, alors que vous aviez marqué des points durant la phase de qualifications ?
Je l’ai su à l’entraînement, quand on a commencé à travailler tactiquement. Puis, j’ai eu l’occasion d’en discuter avec le coach. Je n’étais pas déçu parce qu’Amadou (Onana) est aussi légitime d’être titulaire vu ce qu’il réalise en club et qu’il a quand même gagné l’Europa League avec Youri (Tielemans). Il a aussi des arguments à faire valoir. Comme je dis, je suis ici pour prendre de l’expérience, du plaisir et aider l’équipe du mieux possible.
Après le partage face à l’Egypte, y a-t-il maintenant une certaine pression sur les Diables pour ce second match ?
Non, on n’a pas plus de pression. On va essayer de faire la meilleure performance possible pour empocher les trois points. Dans ce tournoi, il n’y a pas de match facile. On l’a vu avec d’autres résultats. Cela nous conforte simplement dans l’idée qu’on doit sortir une belle performance. On est tous très motivés pour ce match. Il faudra certainement mettre beaucoup de rythme et d’intensité sur le terrain.
Vous parliez de certains autres résultats, avez-vous eu l’occasion de voir des matches depuis le début du Mondial ?
C’est un très beau tournoi pour l’instant, avec pas mal de résultats surprenants et d’équipes compétitives. On regarde souvent les matches car on a la chance de tomber au moment du repas en même temps que les matches. Donc, on mange en regardant, et on prend du plaisir. J’ai bien aimé le match du Japon, notamment.
Dans cette sélection belge, Axel Witsel est-il un peu votre grand frère, votre exemple ?
C’est en effet l’un de ceux avec qui je passe le plus de temps ici. Avec Axel, j’apprends beaucoup au jour le jour et sur le terrain. On joue à la même position, il a plus d’expérience que moi. C’est un réel plaisir de l’avoir avec nous. Il aide beaucoup de monde dans l’équipe, il nous guide grâce à son expérience.
En étant né en 2001, quels sont vos souvenirs et vos premiers rapports à la Coupe du monde ?
Le plus gros souvenir, c’est 2018 avec les Diables et leur épopée magnifique. C’est ce qui reste en tête et c’est que l’on a envie de reproduire. On en parle encore souvent à table avec les autres joueurs. On se dit qu’on a tout pour réussir quelque chose de beau. Il faut qu’on continue à tirer dans la même direction.
Le mercato est en cours et votre envie de franchir un palier cet été n’est guère un secret. Ce Mondial doit-il vous servir de vitrine en ce sens ?
Oui, bien sûr. C’est toujours intéressant d’avoir des minutes dans un tournoi comme ça et de se montrer. Après, à l’heure actuelle, j’ai mis un peu la vie de club en pause. Je n’ai pas encore pris davantage d’informations sur le reste.
Il vous reste deux ans de contrat aux Rangers. Est-ce que le prix fixé par le club pourrait être une entrave à un transfert ?
Je n’y pense pas forcément, je ne suis pas occupé avec tout cela à l’heure actuelle. Je laisse ça à mes représentants en Belgique. Je suis concentré pleinement sur la Coupe du monde. Et je ne suis pas plus inquiet ça, en tout cas.