Pas de chômage pour les indépendants

Des années comme indépendant peuvent ne pas compter dans le calcul du droit au chômage. Pourquoi ? Parce que les indépendants ne cotisent pas au régime du chômage.

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Quelqu’un qui a bossé dix ans comme indépendant puis dix ans comme salarié peut découvrir que seule la seconde partie de sa carrière est reconnue. Sur le papier, il a 20 ans de travail. Pour le chômage, beaucoup moins.

Carrière effacée pour le fonctionnaire statutaire

Même logique pour les fonctionnaires statutaires. Ils ne cotisent pas pour le chômage, donc leurs années ne sont en principe pas prises en compte. Il existe des exceptions si la perte d’emploi vient de l’administration elle-même, mais dans beaucoup de cas, seule une partie des jours est régularisée. On peut avoir travaillé des années dans le public… sans que cela ne pèse réellement dans le compteur.

Le piège des carrières mixtes

C’est sans doute le cas le plus fréquent. Beaucoup de travailleurs ont eu des parcours “mixtes” : un peu de salariat, un passage comme indépendant, un retour dans le public.

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Au total, la carrière peut dépasser largement les 30 ans. Mais comme certaines périodes ne comptent pas, le calcul officiel tombe sous le seuil requis. Un détail technique qui peut faire perdre des droits à des personnes pourtant loin d’être inactives.

Un calvaire pour le temps partiel

Les personnes qui ont repris un travail à temps partiel avec un complément d’allocation peuvent aussi tomber dans le piège. Si le temps de travail est jugé trop faible, ces périodes sont parfois assimilées à du chômage plutôt qu’à de l’emploi. Elles n’aident donc pas à atteindre le nombre d’années nécessaires pour rester dans le système. Pour ceux qui ont accepté des petits contrats pour rester actifs, la pilule est difficile à avaler : avoir travaillé ne garantit pas que ces années seront reconnues.

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Pour éviter l’exclusion, il faut aujourd’hui justifier d’au moins 31 ans de carrière. Ce seuil montera progressivement pour atteindre 35 ans d’ici 2030. Chaque année non comptabilisée devient donc cruciale. Une carrière longue sur le papier peut ne pas suffire dans les faits. Au final, la réforme ne supprime pas seulement des allocations : elle redéfinit ce qui compte comme une carrière.