Le premier prévenu, M. M. affirme que M. G. a porté les premiers coups et soutient être rapidement retourné à l’intérieur de l’appartement où se déroulait une soirée. Sa version est toutefois contredite par plusieurs éléments du dossier, notamment un témoin visuel et des caméras de surveillance. Ces dernières montrent les trois auteurs présumés prenant part à l’agression, riant durant les faits et urinant sur la victime. Interrogé à ce sujet, le premier prévenu a expliqué qu’il se trouvait dans un état second en raison de sa consommation d’alcool.
Le second prévenu, M. B., conteste lui aussi la plupart des préventions. Il affirme avoir tenté d’apaiser la situation et demandé à des voisins de contacter les secours. Il reconnaît toutefois avoir porté un coup à la victime et lui avoir tenu les mains pendant une partie des faits. Selon lui, c’est son coprévenu, M. M., qui aurait porté le premier coup.
Ils le rouent de coups alors qu’il est au sol, puis lui urinent dessus
Après avoir roué de coups la victime, les trois jeunes se sont dirigés vers leur appartement avant de revenir faire les poches de l’homme qui gisait au sol. Ils ont ensuite entrepris de lui uriner dessus. Un geste que la procureure du roi a qualifié de particulièrement « ignoble ».
Les conséquences de l’agression demeurent particulièrement lourdes. La victime a été transportée en urgence à l’hôpital dans un état proche de la mort cérébrale. Elle a ensuite passé cinq jours dans le coma et plus de trois mois en traumatologie. Les derniers rapports médicaux font état d’importants troubles cognitifs et de difficultés à accomplir seul les gestes du quotidien et l’évolution de son état ne semble pas aller dans le bon sens, selon les mêmes rapports des experts.
Une violence « gratuite, complètement déshumanisée »
Pour les parties civiles, les faits constituent une tentative d’homicide. Elles soulignent la violence des coups portés à la tête et au thorax. « Sur les vidéos de surveillance, on voit l’un des prévenus revenir après la première agression, pour mettre des coups de pied verticaux sur mon client », détaille l’avocat de la victime.
Dans son réquisitoire, la procureure du Roi a dénoncé des violences « gratuites et complètement déshumanisées ». Selon le parquet, la victime s’est effondrée dès les premiers coups mais les violences se sont poursuivies alors qu’elle était déjà inerte. Des coups de pied répétés à la tête ainsi qu’un écrasement de celle-ci contre le trottoir ont notamment été évoqués à l’audience. « C’est une scène digne du film Orange mécanique », a estimé l’un des avocats de la défense, Me Gabrielli.
Le ministère public estime que les éléments du dossier permettent de retenir la tentative de meurtre. Concernant le premier prévenu, le parquet a souligné l’existence de plusieurs condamnations antérieures pour des faits de violence et de vol. Il considère qu’il a joué un rôle moteur dans l’agression. Huit ans de prison ont été requis à son encontre, tout comme contre son coprévenu.
L’un des agresseurs est mineur
Le troisième prévenu, actuellement mineur, va être présenté devant un tribunal de la jeunesse dans les prochains jours et devra répondre des mêmes chefs d’accusation. À titre subsidiaire, le parquet demande au minimum une condamnation pour vol avec violences ayant entraîné une incapacité de travail de plus de quatre mois.
À la barre, Me Bernes, avocat de M. M., a mis en avant les examens psychologiques faits sur son client. « On se trouve face à un jeune à la limite du retard mental », a-t-il expliqué à la barre. Les deux avocats ont plaidé en faveur d’un sursis probatoire, afin de favoriser la réinsertion de leurs clients dans la société.
Le jugement est attendu le 27 juillet.
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