« Je ne pouvais plus aider Vinciane »

Le comportement de l’accusée avait également des conséquences sur les habitants du village de Hollange et sur sa belle-famille. « Vinciane était obsédée par le fait de dénoncer des histoires extraconjugales des autres couples, poursuit celui qui est devenu son ex-mari fin 2015. Je ne pouvais plus aider Vinciane comme je l’avais fait depuis le début. Mon avocate m’a conseillé de divorcer. Il m’a fallu du temps pour accepter de le faire. J’avais l’impression d’abandonner une personne malade alors que j’étais mariée avec elle. Mais ça n’aboutissait à rien ! Début 2015, elle a accepté d’être internée pour ne pas devoir faire face à la justice alors que les preuves contre elle s’accumulaient. »

S’il précise que son épouse « faisait du bon boulot à la ferme et pour arranger leur maison, dès qu’elle était contrariée, elle n’était plus la même personne. Je ne sais même pas si je dois lui en vouloir puisque, pour moi, elle était malade ». L’émotion est à nouveau très forte au moment pour ce papa d’évoquer les conséquences sur ses enfants. « Je ne comprends pas qu’une maman puisse se comporter comme ça avec ses enfants. Notre fille est aujourd’hui fort fragile alors que Vinciane l’a toujours protégée. Notre fils, avec lequel la relation était plus compliquée, est parti vivre à l’autre bout du monde. »

« Je sens un poids sur mes épaules et mes enfants aussi »

Par rapport au meurtre de Marie Reding reproché à Vinciane Welvaert, l’ex-époux évoque un sentiment de culpabilité. « J’ai de la peine pour les proches de la victime. Mon papa a le même âge et c’est horrible d’être assassiné comme ça. Je sens un poids sur mes épaules et mes enfants aussi. C’est très lourd émotionnellement », conclut le témoin.

Très émue elle aussi, la fille de l’accusée a également évoqué sa maman avec laquelle elle n’a jamais coupé le lien. « J’ai toujours eu une bonne relation avec ma mère. Il y avait beaucoup de disputes, de tensions entre mes parents. Elle a toujours tout fait pour moi mais elle avait son caractère colérique. »

Dans son box, l’accusée ne laisse transparaître aucune émotion, n’échange aucun regard avec les témoins qui se succèdent à la barre ce jeudi matin. L’après-midi sera consacrée au réquisitoire de l’avocat général et aux plaidoiries des parties civiles et de la défense.