CRITIQUE – Jusqu’au 28 septembre, « Henri Matisse – Yves Saint Laurent, Le beau, la mode et le bonheur » met en regard le goût du peintre et du couturier pour les robes, la ligne et la couleur. Magistral.
D’emblée, le sujet est posé. Les sujets, plutôt. Yves Saint Laurent (1936-2008), jeune, élégant comme un dandy du sud, avec le tableau de Matisse Les Coucous, tapis bleu et rose, de 1911, dans son célèbre appartement truffé d’art du 55, rue de Babylone à Paris, rive gauche. À sa droite, sur la photo, un bouquet d’orchidées pâles, comme une référence à « faire catleya », expression née de Marcel Proust dans À la Recherche du Temps Perdu pour évoquer l’acte d’amour physique.
Henri Matisse (1869-1954), vieux patriarche à la barbe blanche, devant l’objectif de Dmitri Kessel à l’été 1951, dessinant Carmen Leschennes dans sa robe jaune à l’Hôtel Regina de Nice. Il y réalisera l’année d’après, La Tristesse du roi, merveilleuse gouache découpée, aujourd’hui trésor du musée d’Art moderne du Centre Pompidou, présentée dans l’exposition triomphale « Matisse » au Grand Palais (jusqu’au 26 juillet 2026).
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