En France, près de 11 millions de personnes souffrent de migraine. Cette maladie neurologique fréquente ne se limite pas à un mal de tête. Elle s’étale souvent sur plusieurs jours, avec des phases successives de fatigue, troubles cognitifs, douleurs aiguës, nausées, et hypersensibilité aux sons, à la lumière, voire aux odeurs. Pour un tiers des patients, la crise est précédée de symptômes neurologiques réversibles comme des troubles visuels – les plus fréquents, de troubles sensitifs et du langage, et pour des cas rares, de troubles moteurs.
Pour ces personnes, l’été est une période difficile à vivre. « Pour beaucoup de personnes migraineuses, l’été n’est pas synonyme de répit. La chaleur, la lumière, le bruit peuvent aggraver les crises et rendre le quotidien encore plus difficile », souligne Sabine Debremaeker, présidente de La Voix des Migraineux. La période estivale accentue en effet des difficultés déjà très présentes au quotidien. En été, les symptômes sont amplifiés.
Comment l’été accentue les symptômes de la migraine
Pourquoi ? « Le froid ou la chaleur extrêmes ont tendance à favoriser une fréquence accrue des migraines, voire à les déclencher », explique le Dr Emad Estemalik, spécialiste des maux de tête et des migraines à la Cleveland Clinic (Etats-Unis). Les chutes de températures ou les fortes pluies d’orage également.
Par ailleurs, la déshydratation, qui survient plus fréquemment en été, est reconnue comme un déclencheur des migraines. « En été, lorsqu’il fait très chaud, beaucoup de gens oublient de s’hydrater correctement. Or, la déshydratation peut certainement favoriser l’apparition de crises de migraine », confirme le neurologue Rashmi Halker Singh, de la Mayo Clinic (Etats-Unis). Celui-ci explique également que nombre de ses patients observent que l’éblouissement du soleil est un facteur déclenchant. Le spécialiste énumère aussi d’autres facteurs liés à l’été ; forte humidité, chaleur extrême, air sec.
En été, on part en vacances, on a tendance à organiser davantage de week-ends à l’extérieur. Là encore, ces ruptures de routine sont parfois responsables de migraines. « Sauter des repas peut déclencher une migraine. Un manque ou un excès de sommeil peut également en être la cause. Il est donc important de maintenir une certaine régularité », recommande le Dr. Rashmi Halker Singh.
Troubles cognitifs, détresse psychologique
A l’occasion de la journée mondiale de solidarité pour la migraine dimanche 21 juin, l’Association la voix migraineux révèle son enquête sur la qualité de vie des migraineux 2025, menée auprès de 1 095 personnes souffrant de migraine chronique. De façon générale, pour 91 % d’entre eux, la migraine impacte considérablement la qualité de vie et 48 % des parents déclarent rencontrer des difficultés pour surveiller leurs enfants et se rendre disponibles pour eux. La migraine prive aussi ceux qui en souffrent de sorties entre amis (72 %), en famille (53 %), au restaurant (46 %) et au cinéma (37 %). 53 % déclarent souffrir d’isolement. L’enquête met également en lumière une forte détresse psychologique chez une partie des malades, avec des idées noires fréquentes, même en dehors des crises, rapportées par 16 % des répondants et par 52 % pendant les crises.
Et même entre les crises, les troubles cognitifs sont très handicapants. 54 % des répondants disent souffrir de troubles de l’attention, 48 % de problèmes de mémoire, 34 % de difficultés d’organisation et 29 % de difficultés d’interaction. Au plus fort de la crise, ces difficultés sont exacerbées et contribuent à l’isolement et à la détresse psychologique des patients.
A noter : la migraine chronique est la forme la plus invalidante de la migraine qui touche environ 1,4 million de Français. Ces malades souffrent chaque mois de 15 jours de migraine et plus ; celle-ci impacte tous les aspects de la vie quotidienne : familiale, sociale et professionnelle et fragilise l’équilibre psychologique et social. La Voix des Migraineux plaide pour la création d’une filière migraine comprenant des centres de références migraines à destination des patients migraineux chroniques, pour lesquels, après un long parcours de prise en charge classique, les solutions médicamenteuses deviennent insuffisantes. Ces centres labellisés proposeraient une prise en charge globale, en complément des solutions médicamenteuses, afin de les aider à retrouver une bonne qualité de vie.
Source : La Voix des migraineux, Mayo Clinic, Cleveland Clinic