Pendant plus de 20 ans, le télescope spatial Swift (Neil Gehrels Swift Observatory) a détecté des sursauts gamma, des bouffées de photons gamma très énergétiques. Lancé le 20 novembre 2004 à bord d’un lanceur Delta 2 de la Nasa, le Swift a pour mission d’étudier l’un des phénomènes les plus violents de l’Univers. Une fois un sursaut détecté, il est capable d’orienter ses télescopes à rayons X et ultraviolets en direction de la source en moins de deux minutes pour permettre aux astronomes d’en identifier la cause. Il en a ainsi repéré plus de 1 700 depuis son lancement.

Sur cette vue d’artiste figurent deux étoiles à neutrons de faible dimension, mais de densité très élevée, sur le point de fusionner et d’exploser en kilonova. Cet événement, particulièrement rare, devrait se traduire par l’émission d’ondes gravitationnelles et de sursauts gamma courts. Ces deux émissions ont été effectivement observées le 17 août 2017, respectivement par Ligo-Virgo et Fermi/Integral. Diverses observations détaillées menées au moyen des télescopes de l’ESO ont confirmé la nature de cet objet – une kilonova – situé au sein de la galaxie NGC 4993 à quelque 130 millions d’années-lumière de la Terre. Ce type d'objet constitue la principale source d’éléments chimiques lourds, tels l’or et le platine, dans l’Univers. © University of Warwick, Mark Garlick  
Une énigme cosmique avec l’origine de l’or et les sursauts gamma « orphelins » est probablement résolue

Les sursauts gamma, en anglais des gamma-ray bursts ou GRB, n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Mais les astrophysiciens progressent dans cette direction grâce notamment aux nombreux télescopes en orbite. Une nouvelle preuve en est donnée avec un travail d’équipe mettant en jeu les télescopes Fermi, Chandra et Hubble. Les chercheurs pourraient avoir fait d’une pierre deux coups en observant le sursaut gamma court GRB 230906A…. Lire la suite

Mais comme tout appareil spatial à proximité de la Terre, son orbite décline avec le temps, et a passé un cap où cela s’accélère. Cette étape devait marquer la fin de sa vie, et le satellite aurait dû finir par se désintégrer dans l’atmosphère. Toutefois, ce ne sera pas la fin pour Swift, si tout se passe bien. Dans les prochains jours, la Nasa devrait lancer une opération historique pour remettre le télescope spatial dans son orbite initiale et ainsi prolonger sa durée de vie.

Présentation de la mission pour sauver le télescope Swift. © NasaUne chute prématurée causée par le Soleil

Swift devait initialement fonctionner jusqu’aux années 2030. En 2024, l’agence spatiale américaine a constaté que son orbite déclinait plus rapidement que prévu. En 22 ans, son altitude orbitale est ainsi passée de 600 kilomètres à seulement 370, et un pic d’activité du Soleil plus fort que prévu, entraînant une expansion de l’atmosphère terrestre et précipitant la fin de l’appareil. La Nasa a jugé le télescope trop précieux pour le perdre de cette manière. Il a donc fallu monter une mission en urgence pour tenter de le sauver, une opération encore jamais réalisée sur un satellite scientifique.

Une vue de Mars alors que la sonde Psyché était en approche. © Nasa JPL-Caltech, ASU, Thomas Appéré
Une sonde de la Nasa vient de frôler Mars, et les images rapportées donnent envie de zoomer partout

La sonde Psyché de la Nasa rebondit de planète en planète avec pour objectif de visiter d’ici 2029 un astéroïde mystérieux qui pourrait avoir été couvert de volcans de fer dans un lointain passé. Elle a survolé Mars sur son trajet et, en s’en approchant, ses instruments ont pris des images magnifiques et inédites !… Lire la suite

En septembre 2025, la startup spatiale Katalyst Space a remporté le contrat à 30 millions de dollars pour créer un robot capable de secourir le télescope. La firme est parvenue à achever sa construction en seulement sept mois, et l’a baptisé Link. Celui-ci pèse 400 kg et sera transporté à bord d’un lanceur aéroporté Pegasus XL de Northrop Grumman. C’est le Stargazer, un Lockheed L-1011 TriStar modifié, qui servira de vaisseau-mère pour le décollage et partira de l’atoll Kwajalein dans l’océan Pacifique.

Téléconférence du 17 juin 2026 avec la Nasa et Katalyst Space pour parler de la mission pour sauver le télescope Swift. En anglais, activez la traduction automatique des sous-titres. © NasaUne chorégraphie orbitale de haute précision

Link a passé tous ses tests et la Nasa vient d’achever l’encapsulation du robot à bord du Pegasus XL. Il est donc prêt à décoller. Après le lancement, il lui faudra une semaine ou deux pour rattraper Swift. Il prendra alors des photos sous différents angles afin que des spécialistes sur Terre puissent inspecter le télescope et planifier la meilleure manière de le saisir avec ses trois bras robotiques. Link utilisera ensuite ses propulseurs pour le ramener sur une orbite d’une altitude de 600 kilomètres, une opération qui devrait durer plus de six semaines.

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Mardi, au siège de la Nasa à Washington, Jared Isaacman a présenté la stratégie de l’agence pour s’installer durablement sur la Lune. La Nasa s’appuie massivement sur le programme CLPS existant pour les missions robotiques préparatoires, plutôt que de développer une nouvelle architecture lourde. Contrats signés, missions, calendrier précis : décryptage d’une annonce qui change la nature du retour américain sur la Lune…. Lire la suite

Pour réussir cette opération historique, la Nasa a dû complètement revoir sa manière d’organiser ses missions, qui demandent habituellement beaucoup plus de temps. Si l’opération est une réussite, cela ouvrira la voie à des interventions sur d’autres appareils, qu’il s’agisse de rehaussement d’orbite, de ravitaillement en carburant ou encore de réparations. Cette technique de rehaussement robotique pourrait notamment être utilisée sur le télescope spatial Hubble.

La date exacte de lancement n’a pas encore été annoncée, mais la mission devrait avoir lieu d’ici la fin du mois.