Des teneurs spectaculaires… pour 100 grammes

Les chiffres ont de quoi impressionner. La coriandre séchée affiche environ 694 mg de magnésium pour 100g, la ciboulette lyophilisée 640 mg, le cerfeuil séché 130 mg. Même fraîches, le basilic et la menthe tournent autour de 63 à 64 mg pour 100g.

À côté, les besoins quotidiens semblent vite couverts : l’ANSES recommande 380 mg par jour pour un homme, 300 mg pour une femme. Sauf qu’il y a un détail de taille, au sens propre : ces teneurs valent pour 100 grammes. Et personne ne mange 100 grammes d’herbes.

La réalité des portions change tout

Une pincée de ciboulette lyophilisée, c’est 1 à 3 grammes, soit 6 à 19 mg de magnésium, pas 640. Un beau geste de basilic frais sur des pâtes, 5 à 10 grammes, apporte 3 à 6 mg. Même un vrai pesto, avec ses 25 grammes de basilic, plafonne autour de 16 mg.

Quelques pincées de coriandre séchée dans un curry : 7 à 14 mg. Bref, en quantités réalistes, les herbes apportent quelques milligrammes, soit 1 à 5 % de vos besoins. C’est un petit plus appréciable, pas une stratégie anti-fatigue. Assaisonner généreusement ne couvrira jamais votre quota de magnésium.

Où se trouve le magnésium qui compte vraiment

La vraie réponse est dans le plat principal, pas dans la garniture. Le magnésium se trouve en quantités utiles dans les oléagineux (amandes, noix de cajou, graines de courge), les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), les céréales complètes, le chocolat noir et certaines eaux minérales.

Là, une portion normale apporte des dizaines de milligrammes, qui pèsent réellement dans la balance. Et le sujet n’a rien d’anecdotique : selon l’étude INCA 3, environ un Français sur deux aurait des apports en magnésium inférieurs aux références.

Les herbes, le bon usage (et un rappel utile)

Faut-il pour autant bouder les herbes ? Surtout pas. Elles sont saines, riches en antioxydants, et elles rendent les plats meilleurs, ce qui aide à manger équilibré. Le basilic et la menthe contiennent de l’acide rosmarinique, étudié en laboratoire pour ses propriétés anti-inflammatoires et antivirales.

Voyez-les comme un bonus savoureux qui s’ajoute à une assiette déjà bien construite, pas comme un remède. Dernier point, et il compte : si votre fatigue est intense ou s’installe dans la durée, elle ne se réglera pas avec quelques brins d’aneth. Elle peut avoir bien d’autres causes, d’une carence en fer à un trouble du sommeil, que seul un médecin peut écarter.

Le magnésium, oui, mais à la bonne place, et sans transformer une herbe aromatique en solution miracle.