Ambiance rétrofuturiste et emprise du système

L’esthétique est évidemment importante, d’autant plus dans le milieu artistique. Pour son dernier single, Christophe Willem a opté pour une ambiance rétrofuturiste aux influences 90’s mais aussi pour une rythmique électronique puissante, des textures organiques et, dans l’ensemble, une énergie pop qui a fait son succès. À l’image de son titre, son futur album sera dansant et très festif. « J’ai été bercé par la pop-musique. Ça allait de Michael Jackson à Madonna en passant par des groupes comme Texas. Je trouve que c’était bien d’avoir un album assez éclectique qui rassemble toutes ces influences-là », explique-t-il.

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Le système est ici au centre de ses propos. Malgré le fait d’avoir conscience d’en faire partie, en ayant participé et surtout gagné la « Nouvelle Star », le natif d’Enghien-les-Bains n’a jamais voulu pour autant en être esclave : « Le titre ne dénonce pas forcément le ou les systèmes en disant que c’est le diable. C’est plus une manière de dire qu’on fait tous partie d’un système. Moi, c’est le système médiatique, de la musique. Il y a le système des réseaux sociaux, le système politique… Il y a énormément de systèmes aujourd’hui. Et, paradoxalement, j’ai l’impression que les gens sont tous, moi y compris, un peu en manque de considération. C’est difficile de s’extirper du système quand il fait tout pour que tu te sentes aimé. Ça devient confortable. »

Une recherche de liberté après « Double Je »

Après les succès de tubes comme « Double Je » et « Jacques a dit », Christophe Willem a connu une période de vache maigre où le public n’a pas répondu présent. Notamment sur son album Rio en 2017. Cela ne l’a pas empêché de conserver l’envie de proposer une musique qui lui correspond. « Plus tu prends de l’âge et plus tu peux affirmer ta singularité. Je suis fier de l’avoir gardé. J’ai pris de l’indépendance par rapport à la critique aussi. C’est un des trucs positifs de vieillir. Je suis moins dans l’envie de convaincre », confie-t-il.

Sur son album, on retrouvera tout un panel d’émotions. « Il y a un titre qui s’appelle ‘La colère’ par exemple », tease-t-il. « Parce que si tu veux vraiment arriver à retrouver cette liberté, il faut mettre dehors tout ce qu’on emmagasine. Et souvent, on a tendance à ne pas exprimer la colère. Maintenant, tout doit être tellement aseptisé. On a l’impression qu’il ne faut pas faire de vagues, qu’il ne faut pas heurter… mais en même temps, tu gardes beaucoup pour toi les choses. Et donc, je pense que c’est bien de retrouver pleinement sa liberté », complète-t-il.

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Pour cultiver sa liberté, Christophe Willem a notamment décidé d’acheter une maison au Brésil. Un pays qu’il avait découvert en 2016 en se produisant au Club France pendant les Jeux Olympiques. « Je suis complètement amoureux de ce pays. Il y a une vraie philosophie de vie. Les gens vivent plus l’instant présent. Ils sont moins dans l’anticipation des choses. J’ai l’impression que nous, en Belgique, en France et en Europe en général, on anticipe les scénarios les plus catastrophiques possibles », regrette-t-il.

Le snobisme des télécrochets musicaux

En 2006, au moment de sa victoire à « La Nouvelle Star », Christophe Willem n’aurait jamais imaginé une telle trajectoire. D’autant plus que les critiques ont rapidement fusé à son égard. « Quand je suis sorti de la « Nouvelle Star », il fallait être un artiste de variété. Il ne fallait pas faire ce genre d’émission. Il y avait certains médias qui te trouvaient trop populaire, qui se pinçaient le nez pour te recevoir. Dans ma génération, il y a Jenifer, Amel Bent, Nolwenn Leroy… À cette époque-là, on a quand même essuyé pas mal de trucs. Ça a été violent. Parce qu’il y avait plein de médias qui trouvaient que c’était de la télé-réalité, que ce n’étaient pas des vrais artistes. Je trouve que les artistes de télé-crochet, ce n’est pas de la télé-réalité pour moi. Heureusement, ils sont plus respectés maintenant qu’avant. Quand je vois les artistes de la Star Academy… Cela s’explique aussi par le renouvellement des médias. »

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Malgré tout, cela n’a pas empêché des artistes comme Helena et Pierre Garnier d’être critiqués. On reproche aux artistes des télécrochets de faire désormais tous la même musique. « C’est le même refrain depuis 40 ans. Dès qu’il y a un truc qui marche, c’est attaqué. Il faut renouveler un peu les arguments. Il y a un certain snobisme », lance-t-il. « Les temps changent. Entre quelqu’un qui fait la Star Ac’ et quelqu’un fait qui fait énormément de vues sur YouTube, c’est quoi la différence ? La crédibilité d’un artiste ne vient pas du tout de comment il est devenu connu. Celui qui décide, au final, c’est le public.