L’exposition « Guerre et paix » célèbre la peinture foisonnante de Robert Combas au Pont du Gard. Entre mythologie, humour et amour, ses toiles monumentales mêlent épopée antique et culture populaire dans un tourbillon de couleurs.
Le mot n’est pas forcément associé à la peinture et pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit avec l’art du Sétois Robert Combas, qui se fait une haute idée de la culture populaire. Sa peinture est gouailleuse, son art mélange avec abondance et gourmandise l’érudition et l’humour, les références à l’histoire de l’art et la trivialité.
Tout l’été, il présente « Guerre et paix » au Pont du Gard, une exposition à l’accrochage particulièrement impressionnant réunissant des œuvres anciennes et récentes autour des combats mythologiques et de la paix, qui prend souvent la forme de l’amour. À partir du mois de juillet, la présentation se prolongera en extérieur, à la tombée de la nuit et en format XXL sur la pierre de l’aqueduc romain avec des projections vidéo mapping conçues avec Christophe Berthonneau et le Groupe F.
« Ça frétille un peu de partout »
En attendant, les visions panoramiques sont déjà présentes au cœur de l’exposition, généreuse et spectaculaire. Une toile monumentale, longue de 9 mètres réalisée en 1988 s’inspire de la guerre de Troie et du fameux épisode du cheval. Comme il le dit lui-même, dans sa peinture de Combas, « ça frétille un peu de partout ». Dans un tumulte ahurissant, il accumule les détails, plein de drôlerie et cocasserie. Il faut se laisser embarquer, se perdre dans ce péplum furieux et halluciné, suivre ce cerne noir caractéristique pour se laisser emporter dans un univers foisonnant.
Dans sa relecture de l’histoire et des mythologies, Robert Combas aime tout mélanger, passant avec bonheur des chefs-d’œuvre aux hors-d’œuvre. L’artiste se nourrit de la bande dessinée où, gamin, il a observé les « jupettes » des soldats et des héros antiques. ll détourne l’histoire dans une évocation de la traversée de Sète par Hannibal et ses éléphants où le général en aurait profité pour manger des moules et des palourdes au bord de l’étang de Thau.
Au fil des toiles et des dessins, les vases antiques croisent les portraits de généraux et de philosophes. Ça crie, ça cogne, ça tranche, ça saigne mais ça se marre aussi, ça caresse, ça chevauche des chars en forme de motos ou des hippocampes, ça montre ses « nichons » ou des « extensions en accumulations éjaculatoires ». Car cette fameuse gouaille se retrouve aussi dans les légendes délirantes et facétieuses que compose Robert Combas.
Le repos du guerrier
L’érotisme est toujours présent à travers la célébration sensuelle de son amour pour Geneviève, son épouse. Une salle réservée aux nus est un peu le contrepoint des grandes batailles, le repos du guerrier où Robert Combas s’abandonne à la tendresse. « Je la regarde et elle me regarde. On a envie d’aller de coucher », écrit-il pour accompagner une Bataille intemporelle.
Cette paix peut aussi être intérieure avec L’Autiste dans la forêt. Là encore, l’accrochage (« cinématographique » selon Geneviève) joue avec le format. Le visiteur est immergé dans la flore colorée d’une fresque de cinq mètres de long d’où émerge un visage, un double de l’artiste qui préfère s’exprimer avec ses pinceaux qu’expliquer ses tableaux.
À l’occasion de l’exposition, Robert Combas a même réalisé une toile où apparaît le Pont du Gard. « J’aurais dû peindre son attaque », s’amuse l’artiste. Un film permet de le voir au travail, en recherche mais surtout en liberté. Le titre choisi par l’artiste en dit long sur son imagination et sur le voyage qu’il propose le long d’un Gardon personnifié : Un paysage du Sud de la Gaule, avec Pont du Gard déguisé en Paul Zéïdon, le dieu des rivières qui méditent et sont reines en même temps (voir Poséidon et Méditerranéennes si vous n’avez pas compris !)
Exposition jusqu’au 1er novembre, 10 h-13 h et 14 h-18 h. Site du Pont du Gard, rive gauche. 8 €, 6 €, gratuit – 18 ans et étudiants. Son et lumière du 4 juillet au 30 août, 22 h 30, gratuit. 04 66 37 50 99.