Comme chez les humains, les progrès de la médecine vétérinaire permettent aujourd’hui de mieux diagnostiquer et traiter les cancers chez les animaux. Chirurgie, chimiothérapie ou encore radiothérapie offrent désormais à de nombreux chiens et chats plusieurs mois, voire plusieurs années de vie supplémentaires.

À l’hôpital vétérinaire de Maisons-Alfort, en région parisienne, Junior attend calmement sur sa table d’examen. Ce Cavalier King Charles de 11 ans vient d’achever 16 semaines de chimiothérapie pour traiter un lymphome. Une cytoponction, un prélèvement destiné à rechercher d’éventuelles cellules tumorales, confirme une bonne nouvelle : le chien est en rémission.

Pour ses propriétaires, l’objectif est simple : lui permettre de continuer à vivre dans de bonnes conditions le plus longtemps possible. Une perspective rendue possible par les avancées de la cancérologie vétérinaire.

Des traitements similaires à ceux utilisés chez l’homme

Aujourd’hui, les vétérinaires disposent d’un arsenal thérapeutique proche de celui de la médecine humaine. Selon le type de cancer, les animaux peuvent bénéficier d’une chirurgie, d’une chimiothérapie, de traitements ciblés, d’électrochimiothérapie ou encore de radiothérapie.

Certaines techniques plus spécialisées font également appel à des médecins issus de la cancérologie humaine, notamment pour détruire une tumeur par la chaleur ou bloquer son alimentation sanguine.

Contrairement à une idée reçue, les traitements sont généralement bien tolérés par les animaux. Les effets secondaires restent limités et les pertes de poils, fréquentes chez les humains, sont rares chez les chiens et les chats.

Même les nouveaux animaux de compagnie, comme les lapins, les furets ou certains oiseaux, peuvent être pris en charge, même si les données scientifiques restent encore limitées.

Des soins coûteux mais une recherche en plein essor

Lorsque les traitements ne permettent plus de guérir la maladie, les vétérinaires peuvent mettre en place des soins visant à préserver le confort de vie de l’animal.

C’est le choix d’Héléna pour son chat Odin, atteint de deux cancers. Diagnostiqué en décembre, l’animal a déjà gagné plusieurs mois de vie grâce à sa prise en charge. Un investissement important pour sa propriétaire, qui dépense plusieurs milliers d’euros pour ses soins.

Le coût des traitements constitue en effet l’un des principaux freins. Certaines assurances peuvent prendre en charge une partie des dépenses, tandis que des associations, des fondations ou des essais cliniques permettent parfois d’alléger la facture.

Les cancers les plus fréquents chez les chiens et les chats concernent la peau, le sang, les organes ou encore l’appareil reproducteur. Les vétérinaires observent davantage de cas qu’autrefois, mais cette hausse s’explique surtout par l’amélioration des outils de diagnostic, comme les scanners et les IRM.

Les causes restent multiples : vieillissement des animaux, pollution, exposition à la fumée du tabac ou encore prédispositions génétiques. Certaines races, comme le bouvier bernois, sont particulièrement concernées.

En France, seuls une vingtaine de vétérinaires sont spécialisés en cancérologie animale et une trentaine de molécules sont actuellement autorisées pour les traitements. Malgré ces moyens encore limités, la recherche progresse rapidement, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Parmi les pistes les plus prometteuses figure l’immunothérapie, déjà utilisée chez l’homme. Cette technique vise à stimuler les défenses immunitaires pour mieux combattre les cellules cancéreuses. Elle est encore en phase de développement chez les animaux, mais suscite de grands espoirs pour améliorer leur espérance de vie et leurs chances de guérison.