Où vont-ils trouver deux milliards d’économie ?
Tout part d’une terrible erreur de leur part. Dès le début, les économistes les avaient avertis : « Ne procédez pas à une réforme fiscale si vous devez diminuer les dépenses. Il faut d’abord réduire les dépenses, puis voir si vous avez la marge de manœuvre nécessaire pour alléger les recettes de la Région. »
Qu’auriez-vous fait ?
Il faut prendre le temps d’emmener la population dans ce qui est acceptable collectivement, parce que casser la machine économique ou la faire basculer dans la précarité extrême est très dangereux. Aujourd’hui, il y a un ralentissement de l’économie intérieure, tous les commerçants me le disent. Le secteur de la construction s’écroule avec la fin des primes à la rénovation, la fin des investissements publics communaux, des investissements régionaux. La machine économique se grippe et va se casser. Ils ont brisé le cercle vertueux.
Le citoyen pourrait aussi acheter local et moins d’objets provenant de Chine, non ?
Cette politique pousse les gens à consommer low cost, parce qu’ils ont moins de pouvoir d’achat. Même chose pour les repas à l’école. Elle brise la relocalisation de notre alimentation, que nous avions mise en place avec les agriculteurs wallons. Enfin, pour le CETA, le ministre-président n’a même pas écrit à la Commission européenne pour lui demander de protéger nos agriculteurs.
Dans ce contexte, l’industrie de l’armement est quand même un espoir ?
Si, un jour, on a une guerre sur le territoire européen, la priorité numéro 1, ce sera d’avoir des médicaments produits en Europe. En Wallonie, nous avons un secteur pharmaceutique très fort, et nous ne l’utilisons pas pour créer un écosystème nous permettant de relancer la production de médicaments prioritaires. Notre ministre de l’Économie, devrait aller voir Mme von der Leyen, à la Commission européenne.
Que vous disent les gens que vous rencontrez ?
Ils cherchent un job et n’en trouvent pas. Les chiffres du chômage ont explosé : 269.000 demandeurs d’emploi en Wallonie. Pire, le nombre d’offres d’emploi a chuté de 42 % depuis qu’ils sont en place. Ils ont décidé de réinvestir 340 millions dans des aides à l’emploi qui ne sont maintenant plus liées à la qualité de l’emploi, mais à de l’intérim. Ils amènent les flexi jobs -en les généralisant- et des jobs d’étudiants, où ils peuvent travailler un tiers-temps à partir de 15 ans. C’est-à-dire qu’on imprime l’idée chez les étudiants qu’il faut gagner de l’argent pour consommer.
Vous dites qu’ils affaiblissent l’État ?
Le plus grave, c’est la diminution des rentrées des cotisations… Cela va affaiblir l’État qui va perdre des rentrées financières. Cela va amener une détérioration de notre économie, des conditions sociales et des services qu’on pourra rendre à la population. Plus de trois quarts de la population, aujourd’hui, n’ont pas confiance dans leur gouvernement, ce qui est un score historiquement bas. Les gens ne comprennent pas que ce gouvernement fasse des cadeaux à des gens qui achètent des voitures de luxe. Aujourd’hui, les mesures sont caricaturales, contre-productives.
Le pouvoir d’achat s’écroule vraiment ?
La facture d’électricité, la facture d’eau, les prix des bus ont augmenté, les services à la population sont payants, 38 % des efforts réalisés par le gouvernement le sont sur le dos des communes, et donc aujourd’hui, les garderies et les repas sont payants…