Dans environ cinq milliards d’années, le Soleil épuisera son hydrogène et entamera sa transformation en géante rouge. Ce processus a longtemps été considéré comme la fin inéluctable de notre planète.

Publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics, une étude menée par des chercheurs de l’université de Louvain et de Paris-Saclay vient nuancer ce sombre tableau, suggérant que la Terre pourrait finalement y échapper. Même si ce sera cuit bien avant pour toute vie sur Terre.

Un fragile équilibre qui décidera du sort de la Terre

Le destin de la Terre se joue sur une balance délicate entre deux forces opposées. D’un côté, l’expansion du Soleil augmentera les forces de marée gravitationnelles, tendant à attirer la Terre vers sa destruction. De l’autre, le Soleil perdra une part importante de sa masse via un puissant vent stellaire, ce qui aura pour effet d’élargir l’orbite terrestre et de l’éloigner.

 » Le destin de la Terre dépend d’un équilibre délicat entre ces deux effets « , explique Mats Esseldeurs, auteur principal de l’étude.  » Si les interactions de marée dominent, la Terre est engloutie. Si la perte de masse domine, la Terre s’échappe sur une orbite plus large. « 

Les études précédentes penchaient pour le premier scénario, mais elles reposaient sur des modèles simplifiés.

Des modèles qui changent la donne

L’équipe de recherche a utilisé des calculs de pointe basés sur la structure interne des étoiles évoluées, révélant que les interactions de marée sont en réalité plus faibles que ce que l’on supposait.

Ces modèles, développés sur des principes fondamentaux plutôt que des approximations, indiquent que la Terre resterait plus éloignée du Soleil pendant ses phases de géante.

Les simulations montrent un avenir contrasté pour le Système solaire interne. Mercure et Vénus seront inévitablement absorbées par le Soleil en expansion. La Terre, tout comme Mars, parviendrait cependant à survivre aux deux phases de géante, pour finalement se retrouver sur une orbite plus large autour de la naine blanche que deviendra notre étoile.

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Selon la quantité de masse que le futur Soleil perdra

Un facteur déterminant sera le rythme auquel le Soleil perdra sa masse durant sa dernière phase de géante. Ce taux de perte de masse reste l’un des aspects les moins bien compris de l’évolution stellaire.

Pour affiner leurs estimations, les scientifiques se sont tournés vers l’étoile L2 Puppis, considérée comme un aperçu de l’avenir de notre Soleil. En se basant sur ces observations, la Terre s’éloignerait juste assez pour survivre.