Avant que Jenna Ortega n’arrive sur le projet, il faut revenir un peu arrière, et plus précisément jusqu’au jour où Taika Waititi a lu pour la première fois le roman de Kazuo Ishiguro, Klara et le Soleil, publié en 2021, après l’avoir acheté dans un aéroport. Il a immédiatement cru savoir comment l’adapter facilement au cinéma. Le point de départ, il est vrai, tient en quelques mots : dans un futur pas si lointain, une mère achète un robot alimenté à l’énergie solaire pour tenir compagnie à sa fille. « Je me suis dit que ça allait être du gâteau, peut-être le film le plus facile que j’aie jamais fait. En le lisant pour la première fois, je me suis vraiment dit : c’est dans mes cordes, ça va être fastoche, il ne se passe rien », nous assure Taika Waititi.
Celles et ceux qui sont familiers de l’humour pince-sans-rire signature de Waititi auront compris que le cinéaste fait ici référence à la beauté méditative qui caractérise le roman. Raconté du point de vue d’une androïde, le roman d’Ishiguro explore la solitude, l’amour, l’humanité et la spiritualité. Autant de thèmes qui, Waititi l’a vite découvert, rendaient l’adaptation beaucoup plus délicate que prévu. Au bout du compte, dit-il, le texte a été pour lui l’un des plus difficiles à adapter de sa carrière : « Plus on lit le livre, plus on essaie d’entrer dans les relations entre les personnages, plus on débloque de choses, et plus ça devient complexe. »
Taika Waititi et sa co-scénariste Dahvi Waller sont parvenus à tisser à partir de ce matériau un récit chaleureux et lumineux, porté par Jenna Ortega dans le rôle de Klara, l’« Amie artificielle » adoptée par une femme, interprétée par Amy Adams, pour tenir compagnie à sa petite fille Josie, jouée par Mia Tharia. Très vite, Klara se donne pour mission de convaincre le soleil de venir en aide à cette famille en difficulté.
Lorsque le film sortira en salles le 21 octobre prochain, le public découvrira une autre facette de Taika Waititi comme cinéaste, mais aussi de Jenna Ortega comme actrice. Waititi a glissé de nombreux moments de comédie dans le film, tout en prenant soin de préserver la beauté songeuse du texte original : « Avec ce film, je flirte pour la première fois avec le mélo. Au début, quand j’écrivais, je me disais : fais un film de Taika, mets des blagues débilos sur les robots partout. Mais ça ne fonctionnait pas vraiment. Ça retirait quelque chose au livre. J’ai fini par me dire : pourquoi adapter ce roman magnifique si c’est pour essayer à toute force de m’en éloigner ? »

Mia Tharia dans le rôle de Josie face à Jenna Ortega, la Klara de Klara et le soleil.
Matt Grace/Sony Pictures Entertainment