« C’était quelqu’un qui aimait rire et vivre, assure Natacha, sa fille. Il adorait son petit-fils. Il était très heureux quand mon fils est né, c’était magique pour lui. »

Frank était toujours passionné par son métier, comme en témoignent ses nombreux messages sur le groupe WhatsApp Tournante Parquet Mons-Tournai dévolu aux journalistes. Il ponctuait régulièrement le « RAS » du journaliste de garde par un « merci beaucoup. »

Sa fille nous confirme son attachement pour la profession. « Le journalisme, c’était une grande partie de sa vie. C’était un passionné. Il pouvait prétendre à prendre sa pension et il avait un peu réduit ses collaborations, mais il n’arrivait tout simplement pas à arrêter. Il a tellement vécu pour le journalisme. De toute façon, il ne savait pas trop quoi faire d’autre. »

TGV, radio et jeu de fer

Natacha évoque la belle écriture de son papa, aussi bien dans le cadre de sa profession que dans le domaine privé. « Il savait manier les mots, notamment quand il rendait hommage à des gens. Il était aussi émotif. Je me souviens de ses mots quand sa filleule est partie habiter en Corse. C’était vraiment poignant. Il communiquait par les mots. »

Frank Ghislain a aussi fait pas mal de radio. Les auditeurs l’ont connu sur radio TLS, FM Tournai et Nostalgie. « Son nom de radio était Frank Davis », nous confie sa fille.

Frank était également un fan de jeu de fer et prenait un réel plaisir à couvrir l’actualité de la discipline.

Un sujet qui lui tenait particulièrement à cœur aussi était l’arrivée du TGV en Wapi en 1996. Frank avait tenu en amont de l’inauguration une chronique hebdomadaire dans nos colonnes intitulée « TGV Story » évoquant l’avancée permanente du chantier, avec ses potins.

Inutile de dire qu’il connaissait énormément de monde dans le milieu journalistique mais également dans le domaine judiciaire. Alors que désormais tout se déroule via les réseaux sociaux, il fut un temps, pas si lointain finalement, où le point presse du parquet se tenait encore de manière physique et quotidiennement au palais de justice. Un moment que Frank n’aurait loupé pour rien au monde. Son rire résonne encore dans les couloirs.

Conseil jeudi à Antoing

« Je l’ai accompagné dans le bureau du premier substitut, devenu ensuite procureur, Jean-Bernard Cambier, explique Natacha. J’ai même connu l’époque où il se rendait dans les bureaux des juges Bresoux et Tollebeeck. Il y recevait des infos et moi des bonbons. »

Nous avons côtoyé Frank et nous nous souvenons qu’il aimait démarrer sa journée dès potron-minet. Quand nous le croisions au conseil communal d’Antoing le jeudi soir, nous savions que le vendredi matin aux premières heures, son texte serait déjà prêt.

Le conseil communal d’Antoing se réunit justement ce jeudi 25 juin. Inutile de dire qu’il manquera quelqu’un mais que Frank sera malgré tout partout durant la soirée.

A son épouse Niloufar, à sa fille, à sa famille et à ses amis, notre journal présente ses plus sincères condoléances. Salut Franky !