Au-delà de l’aspect statistique, l’enjeu est surtout sanitaire. « On atteint alors des seuils qui peuvent véritablement poser des problèmes de santé publique. »

Une canicule « exceptionnelle » va toucher la Belgique cette semaine : « Nous ne sommes pas encore au sommet de l’épisode en termes de températures »Quand les villes empêchent la chaleur de s’évacuer

Cette situation risque d’être particulièrement marquée dans les centres urbains, où le phénomène d’îlot de chaleur amplifie les températures.

« J’ai récemment discuté avec un spécialiste de l’urbanisme climatique à Bruxelles. Il expliquait qu’en période de canicule, il peut exister jusqu’à 10 °C de différence entre certains quartiers très urbanisés du Pentagone et des zones proches de la forêt de Soignes. En moyenne, l’écart est plutôt de l’ordre de 3 °C, mais lors d’épisodes extrêmes, il peut devenir beaucoup plus important », détaille-t-il.

Le mécanisme est bien connu des climatologues. Les surfaces minérales accumulent la chaleur durant la journée et la relâchent lentement pendant la nuit. « Le béton, l’asphalte et les bâtiments accumulent la chaleur durant la journée puis la restituent pendant la nuit. À l’inverse, les espaces verts et forestiers permettent davantage de refroidissement. C’est ce qu’on appelle l’îlot de chaleur urbain. »

« Des températures inhumaines en classe » : la circulaire sur la canicule de Valérie Glatigny vivement critiquée par les syndicatsJusqu’à 30 °C en pleine nuit ?

Dans les secteurs les plus densément bâtis, les conséquences pourraient être spectaculaires. « Dans certains quartiers très denses, il n’est donc pas impossible que les températures restent proches de 30 °C durant la nuit. »

Une telle situation empêcherait les habitations de se refroidir naturellement et compliquerait fortement le sommeil des habitants. Or les spécialistes rappellent que l’absence de rafraîchissement nocturne constitue l’un des principaux facteurs de risque lors des épisodes caniculaires, notamment pour les personnes âgées, les jeunes enfants et les personnes fragilisées.