Du côté du MR, la perte de confiance du parti socialiste relève d’une hypocrisie. « J’ose le dire, le PS a longtemps considéré que la RTBF était sa chasse gardée. Alors certains reprochent au MR de vouloir politiser cette désignation mais quelle hypocrisie. C’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité ! », réplique Olivier Maroy qui rappelle avoir travaillé 25 ans à la RTBF sous 4 administrateurs généraux proches du PS et choisis par ce parti. « Alors qu’eux depuis 41 ans placent systématiquement leurs proches à la tête de la RTBF, il faut oser. » Il cite des articles du Soir et de la DH de 1997 et de 2002 pour appuyer son propos quant au « simulacre de la procédure ».

D’ailleurs l’ancienne journaliste Armelle Gysen (Les Engagés) a rappelé qu’aucun média n’est neutre de par ses choix de vocabulaire, d’angle et de traitement.

L’opposition tacle Jacqueline Galant après ses propos polémiques sur la RTBF : « Elle n’est plus apte à être la ministre des Médias »« Un média public fort, indépendant et crédible »

Du côté de la majorité, tant chez les Engagés que les libéraux, regrettent les propos « maladroits » et une réponse qui manquait de « prudence » à une question posée « sans nuance ».

Si Jacqueline Galant maintient que le traitement de l’information et le pluralisme peuvent être plus équilibrés à la RTBF, cela ne traduit « une quelconque volonté d’ingérence ». Elle assure qu’une « procédure enfin transparente et enfin rigoureuse » sera suivie. « Est-ce que cela veut dire qu’il n’y aura plus jamais de profils ayant un parcours ou une sensibilité politique à la RTBF ? Évidemment que non. Mais une chose est sûre : ceux qui occuperont ces plus hautes fonctions auront été désignés au terme d’une procédure transparente et rigoureuse, sans aucune interférence », assure la ministre.

« L’opinion d’une ministre ne suffit pas à faire vaciller l’audiovisuel »: la ministre-présidente Degryse confirme sa confiance en Jacqueline Galant

Elle reconnaît une modification des conditions minimales de candidature. « À ces niveaux de responsabilité, les profils expérimentés sont rares. L’objectif du Gouvernement est clair : ne fermer la porte à aucune candidature de qualité. « 

Jacqueline Galant insiste, les procédures de désignation « sont et seront pleinement respectées ». « À titre personnel, j’affirme, comme je l’ai fait à plusieurs reprises, qu’une démocratie a besoin d’un média public fort, indépendant et crédible. À mes yeux, un média public n’est pas un média parmi d’autres : il a une responsabilité particulière. Il doit pouvoir parler à tous, sans biais. Il doit considérer que tous les auditeurs se valent, que toutes les croyances ou opinions politiques, tant qu’elles demeurent dans le champ démocratique, sont louables. C’est cela que j’attends de la RTBF », défend-elle en plaidant pour un recentrage des missions du média public définies par le décret de 1997.