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Sixième étage du bâtiment central des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), service de cardiologie. L’ascenseur vous dépose quasiment dans la salle d’attente. Beaucoup de monde ce matin-là. De sexe masculin, essentiellement. Le cœur des hommes serait plus fragile que celui des femmes, c’est connu. Et lorsqu’on prononce le mot «infarctus», vient à l’esprit l’image d’un homme respirant mal, qui éprouve une oppression thoracique et une douleur irradiante le long du bras gauche. Les maladies cardiovasculaires, en particulier l’infarctus du myocarde (blocage au niveau des artères coronaires qui limite l’afflux sanguin) sont responsables de 20 000 décès par an en Suisse. Mais l’on sait peu que plus de la moitié des cas (10 600 en 2024, selon l’Office fédéral de la statistique) sont des femmes.

«C’est même la première cause de mortalité féminine en Suisse: 29% des décès, beaucoup plus par exemple que le cancer du sein, qui emporte 1400 femmes par an», indique Elena Tessitore, médecin adjointe agrégée au service de cardiologie. Depuis le 1er juin, elle est à la tête du pôle santé cardiovasculaire pour la femme. Une première en Suisse romande. De tels centres existent déjà aux Etats-Unis, en Australie, au Canada et en Europe, mais chez nous seulement à Zurich, Berne et Bâle. Pourquoi un tel besoin? «Parce que le cœur des femmes est plus petit, bat plus vite et est composé de vaisseaux plus étroits. Cela explique des symptômes différents en cas de trouble», relève la praticienne.