Jusqu’au 20 septembre, le Musée du Pays de Cocagne invite le public à redécouvrir l’œuvre de Paul Gervais, peintre toulousain majeur de la Belle Époque longtemps resté dans l’ombre des grandes avant-gardes du XXe siècle. Une exposition d’envergure qui constitue une première pour l’établissement vauréen. Près d’une centaine d’œuvres sont réunies pour l’occasion : peintures, esquisses et études retracent le parcours d’un artiste dont la carrière s’est construite à contre-courant des mouvements novateurs de son époque. Fidèle à une certaine tradition académique, Paul Gervais n’en a pas moins développé un langage pictural personnel, profondément marqué par la lumière et les paysages du Midi. Le parcours met en évidence la richesse d’un univers où se côtoient allégories, scènes mythologiques, nus féminins et paysages baignés de soleil. À travers ces thèmes récurrents, le peintre célèbre une vision hédoniste du monde, associant maîtrise du dessin, héritée de sa formation classique, et recherche d’une peinture plus libre, lumineuse et sensuelle. Né à Toulouse en 1859, Paul Gervais se fait rapidement une place sur la scène artistique française. Formé auprès du peintre Jean-Léon Gérôme, il expose au Salon des Artistes Français pendant plus de cinquante ans. Son nom demeure particulièrement attaché à Toulouse, où il réalise plusieurs décors emblématiques du Capitole. Son talent de décorateur lui ouvre également les portes de nombreux lieux prestigieux, participant à l’embellissement de bâtiments représentatifs de la République et de la société mondaine de son temps. Au-delà de ces commandes monumentales, l’exposition s’attache aussi à révéler une dimension plus intime de son travail. Les œuvres inspirées par la Méditerranée témoignent d’un artiste sensible aux effets de lumière et à la douceur des paysages du Sud, part essentielle de sa création.