La contribution toucherait les 5 % des patrimoines financiers les plus élevés et rapporterait entre 1 et 2 milliards d’euros par an.
Selon un communiqué diffusé lundi par le parti, il s’agirait d’une taxe progressive de 0,15 % sur les patrimoines financiers entre 500 000 à 1 million d’euros ; de 0,30 % entre 1 et 2 millions ; de 0,45 % entre 2 et 3 millions ; et de 0,60 % au-delà de 3 millions d’euros. Les Engagés insistent : le patrimoine immobilier (maisons, appartements, immeubles) est exclu de cette taxation.
Dans le programme des Engagés
Les centristes ont longtemps soufflé le chaud et le froid à propos de l’impôt sur la fortune. En 2011, le secrétaire d’État au Budget, Melchior Wathelet (sous l’étiquette CDH, devenu Les Engagés), le qualifiait de « fausse bonne idée ». « Cet impôt, disait-il, sera surtout un incitant à sortir, à partir ou à utiliser la mobilité [des] revenus mobiliers. Les pays qui ont essayé d’instaurer cela se sont tous plantés. »
Petit à petit, les centristes se sont pourtant ralliés à l’idée. En 2019, l’ancien ministre wallon Carlo Di Antonio disait ne pas s’opposer à l’impôt sur la fortune, à condition qu’il se fasse à l’échelle européenne. En 2022, Les Engagés, à l’issue de la refondation du CDH, jugeaient « légitime d’instaurer temporairement une contribution annuelle de solidarité de 1 % sur le 1 % le plus riche de la population », selon le président d’alors, Maxime Prévot (aujourd’hui ministre des Affaires étrangères).
Les Engagés se rallient à l’impôt sur la fortune
Cet « impôt sur la fortune ciblant les 1 % les plus riches » était d’ailleurs repris en ces termes dans le programme électoral 2024 des Engagés. Pourtant, la réforme fiscale (baptisée « Plan stratégique Fiscalité et Travail ») qu’ils avaient présentée durant la campagne électorale ne mentionnait pas cette contribution.
Au sein du gouvernement fédéral, Les Engagés sont de ceux – avec Vooruit en tête – qui ont poussé pour la création d’une taxe sur les plus-values financières afin, disaient-ils, de faire contribuer davantage les épaules les plus larges à l’effort budgétaire. Cet impôt traduisait bien la philosophie défendue jusqu’ici par leur président, Yvan Verougstraete : taxer non pas le grand capital en tant que tel, mais les revenus générés par celui-ci.
Un axe avec Vooruit
Aussi, Les Engagés opèrent-ils un tournant en matière de fiscalité. Pour la première fois, ils couchent sur papier une proposition d’impôt qui vise le capital lui-même et plus seulement ses revenus. La contribution, selon leurs calculs, toucherait les 5 % des patrimoines financiers les plus élevés et rapporterait entre 1 et 2 milliards d’euros par an. Ils constatent que cette contribution resterait très inférieure aux revenus générés par ces patrimoines, et précise que la taxe sur les comptes-titres (qui est déjà un impôt sur le capital financier) pourra en être déduite.
Enfin, les centristes estiment nécessaires l’instauration de mécanismes permettant d’éviter la fuite des capitaux vers l’étranger.
« Nous protégeons les classes moyennes, nous protégeons l’épargne de précaution, mais nous demandons une contribution raisonnable aux patrimoines financiers les plus élevés. Dans une période où chacun est appelé à faire un effort, personne ne peut être dispensé de participer », défend Yvan Verougstraete. Les Engagés pourront former un axe en ce sens avec Vooruit, peut-être rejoints par le CD & V. Par contre, le MR a déjà dit tout le mal qu’il pensait de la mesure.