Fabentech est spécialisée dans le développement et la production de traitements d'urgence contre le bioterrorisme et les maladies infectieuses émergentes. - © Fabentech

Fabentech est spécialisée dans le développement et la production de traitements d’urgence contre le bioterrorisme et les maladies infectieuses émergentes. – © Fabentech

L’actualité donne raison à Fabentech : le risque pandémique s’accroît. Si l’infection à hantavirus sur un bateau de croisière a été maîtrisée, la crise sanitaire qui sévit en Afrique de l’Est à cause du virus Ebola prend de l’ampleur. Selon les dernières données de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) en date du 16 juin 2026, plus de 827 cas et 194 décès ont été confirmés en République Démocratique du Congo et en Ouganda.

La biotech lyonnaise affirme pouvoir contrôler cette maladie grâce à sa plateforme technologique d’anticorps polyclonaux à large spectre. Son traitement, développé initialement contre la souche Zaïre en 2015, a démontré sa capacité à neutraliser le virus Bundibugyo ainsi que plusieurs autres variants en circulation.

Epidémie d’Ebola : les anticorps polyclonaux de Fabentech neutralisent la souche Bundibugyo

« En 18 à 24 mois, nous serions prêts pour une première administration à l’homme afin d’être armé face à la prochaine crise en déployant un traitement dès le premier jour », indique Stéphane Iva. Celui-ci prône un modèle d’anticipation basée sur une approche globale de prise en charge de la chaîne de valeur, de l’identification de l’antigène jusqu’à sa production.

Le président de Fabentech est en discussions avancées, notamment avec la Commission Européenne, pour trouver les 15 millions d’euros nécessaires pour finaliser le développement d’une solution contre le virus Ebola. « C’est un coût très faible pour préparer un traitement apte à répondre à une future menace. Notre principe actif permettrait de limiter la propagation, de protéger le personnel soignant et de contenir les premiers clusters », explique-t-il.

La technologie de Fabentech a déjà permis de mettre sur le marché en début d’année un premier traitement contre les intoxications à la ricine. « Nous livrons cette semaine les premières commandes pour constituer le stock de l’Union européenne », annonce Stéphane Iva qui confirme que d’autres livraisons sont prévues dans les prochains mois. D’ailleurs, plus de 20 millions d’euros de contrats pluriannuels ont été sécurisés avec plusieurs pays européens.

Un nouveau traitement de biodéfense développé à Lyon par Fabentech

La biotech, implantée à Gerland et à Saint-Priest avec un effectif de 50 collaborateurs, travaille également sur une nouvelle application en biodéfense pour lutter contre une toxine présentant un risque civil et militaire.

L’autorisation de mise sur le marché pourrait être délivrée début 2028. Pour mener ses différents développements, Fabentech bouclera avant la fin de l’année une levée de fonds dont le montant n’est pas précisé.

« Nous voulons consolider notre BFR (besoin en fonds de roulement) pour produire notre solution Ricimed, mais aussi financer l’accélération de nos programmes de développement ainsi que notre expansion géographique par l’enregistrement de nos produits aux Etats-Unis notamment », détaille le président de Fabentech.