Quelles alternatives ?

Les atouts des édulcorants : ils ne font pas grossir comme le sucre puisqu’ils n’agissent pas sur les mêmes leviers métaboliques que ce dernier. Les autorités de santé publique, en Europe comme aux Etats-Unis chargées de mesurer les risques sanitaires réels considèrent ces additifs comme sûrs à la dose journalière admissible (DJA). Un seuil supposé sans risque qui n’est pas encore atteint en moyenne au vu de la consommation actuelle.

Mais… il perdure un caillou dans le soulier du marché des édulcorants. Les discours santé ont toujours alerté sur l’idée que « le sucre appelle le sucre », englobant rapidement la saveur sucrée dans son avertissement. Pour de nombreux professionnels de la santé mais aussi l’OMS, au même titre que le sucre raffiné, les édulcorants augmente l’attrait pour le sucre. Devenus accro, les consommateurs multiplieraient alors les risques de diabète, surpoids, obésité, maladies cardiaques, etc.

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La saveur sucrée en elle-même — qu’elle soit apportée par le sucre ou par un édulcorant — pousse-t-elle vraiment à consommer davantage de sucre, donc de calories et à grossir ? Questionnant depuis longtemps les fondements scientifiques de cette hypothèse, le lobby des édulcorants européens a demandé que soit menée « une étude d’intervention contrôlée randomisée menée par une équipe de l’Université de Wageningen (Pays-Bas) ».

L’objectif : évaluer les effets d’une exposition alimentaire au goût sucré sur l’appréciation de la saveur sucrée. Pendant 6 mois, les chercheurs ont suivi 180 adultes répartis en 3 groupes. Les participants ont mangé et bu selon les 3 niveaux de saveur sucrée. Ils ont été suivis ensuite pendant 4 mois. Préférence pour le sucré, perception de la saveur sucrée, consommation de nourriture, poids et marqueurs métaboliques ont été mesurés.

Que faire en définitive ?

Conclusion des chercheurs néerlandais travaillant indépendamment du groupe pro-édulcorants : aucun changement significatif dans la préférence pour le goût sucré pendant les 6 mois d’intervention ni pendant les quatre mois de suivi; aucune différence entre les groupes dans les choix alimentaires.

Côté poids, IMC et masse grasse, rien n’a été modifié dans les trois groupes. Enfin, les biomarqueurs liés au métabolisme du glucose (glycémie, insulinémie, hémoglobine glyquée) et à la santé cardiovasculaire (taux de cholestérol total, de triglycérides, de cholestérol LDL et de cholestérol HDL) n’ont pas bougé.

Des conclusions établies sur l’étude d’individus en bonne santé, aux habitudes alimentaires variées et qui ne reflètent bien sûr pas l’ensemble des consommateurs de sucre et d’édulcorants… Selon les chercheurs, ces résultats montrent qu’il faudrait surtout investiguer « d’autres facteurs de risques tels que la densité énergétique et la forme des aliments ».