Créée en 1992 par Albert Karaziwan, la multinationale belge est spécialisée dans la biométrie, le développement de systèmes d’identification et la création de documents sécurisés, passeports, cartes d’identité et permis de conduire.
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C’est un défi qui l’attend, et qu’il relève. Bientôt, le Belge affirme avoir assumé « seul » l’ensemble de l’aspect technique du projet, « bien sûr sous la direction de Bruxelles » et dans le cadre du CDI signé en Belgique auquel cependant un contrat local s’ajoutait sur place « pour de simples raisons administratives relatives à l’obtention du visa, m’a-t-on dit au moment de le signer ».
Depuis le départ, David était rémunéré par Semlex Belgique. À partir de 2020, avec ce contrat local, « ils ont basculé mon salaire vers leur filiale de droit congolais, Locosem, sous prétexte de frais bancaires », mais tout en continuant de me donner des ordres. « Et moi je n’ai pas vu le piège venir ».
David se retrouvait seul, dit-il, pour « faire tourner la boîte en pleine crise de Covid. J’avais un bon salaire mais je m’occupais de tout, y compris de l’administratif. Du lundi au samedi, j’avais des journées de 12 heures, et parfois plus, afin de satisfaire les besoins du siège et les exigences locales. Pour eux, les choses n’allaient jamais assez vite. Parfois j’étais à genoux pour réparer les imprimantes industrielles. Et parfois, face au ministre, pour faire signer les contrats que Semlex à Bruxelles me demandait de signer ».
« Pas comme ça »
En 2022, coup de tonnerre : Dermalog, une entreprise allemande, raflait le marché des passeports et, de ce fait, éjectait Locasem, la filiale congolaise. Le 24 juin 2025 à 10 h du matin, le CEO de Semlex l’appelle par vidéoconférence et, selon David, lui annonçait la fin du projet et lui donnait 6 jours pour quitter les lieux, tout en promettant qu’il respecterait la loi « s’il fallait se séparer de moi « .
Le 11 juillet, David était licencié. Et les choses, contrairement à la promesse, s’envenimaient. « Ils m’ont dit que pour être payé, je devais signer ».
Le surlendemain, le dimanche 13, il se retrouvait carrément à la rue, abandonné, jeté comme un kleenex dit-il. « S’ils voulaient se séparer de moi, je peux le comprendre, mais pas dans ces conditions. »
7 mois et demi seul
À Kinshasa, il lui fallait trouver en catastrophe un endroit en dur où se loger, tenter d’obtenir l’indemnité de rupture et organiser son rapatriement. « Et tout était conditionné à l’extinction de mes droits ».
Le Belge a ainsi vécu 7 mois et demi de débrouille, entre juillet 2025 et mars 2026, sans eau courante, sans électricité, dans un quartier de planches, de tôles ondulées et de poussière et un environnement dangereux où tout pouvait survenir dans cette ville où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 3 dollars par jour. Il a ramené des vidéos parlantes.
C’est finalement le gouvernement congolais, lui procurant un visa de courtoisie, qui lui a permis, le 1er mars dernier, de rentrer à Bruxelles « brisé et les mains vides », dit-il. « À Kinshasa, j’ai pris un vélo, en pleine vague de kidnappings, pour rejoindre seul l’aéroport avec la peur au ventre. Je n’avais pas d’autre choix ».
Semlex a été contacté
Depuis son retour en Belgique, Semlex, dit-il, ne veut rien entendre et rejette toute responsabilité. Pour la multinationale aux 20 millions de chiffre d’affaires, son CDI a tout simplement cessé à partir de la signature du contrat avec la filiale congolaise Locasem. Aujourd’hui, celui dont la santé est très affectée éprouve un profond sentiment d’injustice.
Semlex Europe, contacté par nos soins, a répondu par la voix d’un cabinet d’avocats. Pour Me Luc Stallaert, « Semlex n’est pas son employeur. Il s’agit d’un différend, devant les juridictions de Kinshasa, entre un travailleur et son employeur, savoir la société de droit congolais Locasem, sur le calcul d’une indemnité de rupture du contrat de travail. Cordialement ».