Les météorologues belges interpellés par les températures des prochaines nuits: « C’est l’un des aspects qui m’inquiète le plus »Des modèles qui changent
Finalement, les modèles plus récents ont amené à revoir les perspectives… « En fait, on a constaté avec les dernières modélisations, que non seulement, la décrue serait peut-être postposée au week-end prochain voire début de semaine prochaine. Mais qu’en plus, on pourrait en fait encore grappiller quelques degrés supplémentaires », explique Pascal Mormal.
L’expert revient alors sur les difficultés actuelles d’être précis dans les prévisions. « Dans ce genre de configuration de dôme de chaleur, il est très difficile de prévoir les températures dans la mesure où souvent, le système va avoir tendance à perdurer plus que ce qu’on peut envisager au début de l’épisode. »
Le météorologue détaille : « Vous avez une configuration de hautes pressions qui vont donc plaquer/comprimer l’air, ils vont le comprimer et en le comprimant, cet air va se réchauffer et aussi d’une certaine manière s’assécher. Un dôme de haute pression que l’on peut comparer à une sorte de couvercle, de cloche mais le problème c’est que sous cette cloche, vous avez cet air chaud qui finit par ne pas pouvoir s’évacuer donc il devient de plus en plus chaud. Cette situation s’auto-entretient, s’auto-alimente. Et c’est un peu ça le ‘scénario du pire’ – même s’il ne faut pas dramatiser non plus —, c’est que les situations de blocages anticycloniques de type dôme de chaleur, parfois, ont tendance à durer plus longtemps que ce que l’on prévoit. Plus ils vont durer, plus ça va être compliqué quelque part de déloger le système qui est en place. »
Une canicule « exceptionnelle » va toucher la Belgique cette semaine : « Nous ne sommes pas encore au sommet de l’épisode en termes de températures »Une sous-estimation des phénomènes
Pascal Mormal pointe alors un problème par rapport aux modèles actuels. « J’ai été moi-même le premier surpris quand j’ai vu qu’on annonçait maintenant 39° pour le centre du pays samedi alors qu’hier, les prévisions annonçaient 36-37°. Cela montre que les modèles de prévision ne prennent pas nécessairement en compte l’élément ‘réchauffement climatique’, qui est tellement prégnant actuellement. Ils font des modélisations sur des situations déjà observées par le passé. Mais il y a tant de nouveaux éléments qu’on peut se demander s’ils ne sont pas parfois dans la sous-estimation des phénomènes. »
On notera par rapport à ce pic de chaleur que des records pourraient être battus ce week-end. « Le record historique (en juillet 2019, NdlR) absolu de chaleur à Uccle est de 39,7°C. Je ne pense pas que nous atteindrons ce seuil, mais avec la configuration actuelle, il est en revanche très probable que nous battions le record mensuel de juin », précise l’expert. Pour rappel, le record de juin à Uccle est de 36,8°C et date de… 1947.
Doit-on s’attendre à des températures historiques en Belgique cet été ?Une amélioration la semaine prochaine mais…
Bonne nouvelle par contre : les modèles sont assez unanimes pour voir une amélioration théoriquement début de la semaine prochaine. On peut espérer donc une « sortie de crise », comme l’indique Pascal Mormal, d’ici la fin du week-end.
« On va se retrouver normalement davantage dans un flux océanique qui devrait permettre de déloger un peu ce dôme et évacuer le gros de la chaleur », détaille l’expert. « Maintenant ça peut très bien n’être que temporaire. Puis on parle de températures qui vont redescendre vers les 25°, donc on reste dans des températures élevées. On n’est pas du tout dans une configuration de journée à 15°. Cela reste donc chaud mais comparativement à ce que l’on connaît actuellement, ça sera beaucoup plus respirable. »