Vieillir n’est pas un gros mot 5/7.- Question âge, ces sept personnalités partagent des points communs : le temps est un allié et le goût de la vie, une philosophie. Aujourd’hui, Perla Servan-Schreiber, 82 ans, écrivaine. Aujourd’hui, Carole Fives, 54 ans, écrivaine.
«En vrai, j’ai 54 ans, bientôt 55, mais mon ressenti est 15 ans – quarante ans de différence quand même ! Je suis un peu bloquée à l’adolescence et suis restée très vivace dans mes rébellions comme dans mes questionnements. Avec la cinquantaine, les choses positives arrivent – un certain pouvoir, une certaine sagesse. Je dirais même une sorte de “moyen âge” selon moi, dans le sens où nos mères ont été très militantes, nos filles très très rebelles avec MeToo, tandis que notre génération a moins milité tout en étant plus active vis-à-vis du monde du travail. Et, en tant qu’auteure dans la fiction, je milite pour qu’on donne plus de place à des personnages de femmes âgées heureuses, comme Charlène, mon héroïne*. Elles sont beaucoup trop rares.
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Quand on vieillit, le regard de l’autre a moins d’importance, car on connaît mieux son corps et malgré les injonctions très fortes et très cruelles de la société à ne pas vieillir, on développe plus d’harmonie envers soi-même. À cet âge, on est sortie de la course folle de nos 30 ans et se développe comme une certaine fatigue de la séduction qui crée une sorte de sagesse, sans qu’il soit question de s’effacer de soi-même ni de quitter sa pulsion de vie. Il nous faut aussi réinventer de nouveaux rapports aux hommes de nos âges, se réconcilier avec eux. Pour moi, vieillir n’est pas un gros mot du tout. Il faut avoir bien conscience qu’au vu des maladies qui nous entourent, c’est d’abord une chance !»