Les premiers signes sont souvent discrets : crampes, fatigue inhabituelle, maux de tête, étourdissements ou nausées. Mais la situation peut évoluer vers un épuisement dû à la chaleur, voire un coup de chaleur, une urgence médicale potentiellement mortelle. « En cas de malaise, on n’appelle pas son médecin, on appelle directement les secours. Et il y en aura, c’est certain.
C’est hallucinant de voir des gens continuer à courir dans ces conditions », insiste Lara Kotlar. Les personnes jeunes et sportives ne sont pas épargnées. « L’année dernière, j’ai un homme d’une trentaine d’années, pourtant en bonne santé, s’écrouler à cause d’un coup de chaleur. Certains pensent que parce qu’ils sont entraînés, ils peuvent courir par plus de 30 degrés. Ce n’est pas le cas. »
Même message du côté des médecins : pendant une canicule, mieux vaut adapter ses habitudes plutôt que vouloir maintenir coûte que coûte son programme d’entraînement. « Je sais que certains veulent quand même aller courir ou s’entraîner dehors, mais ce n’est pas le moment de vouloir battre un record. Avec la canicule, faites attention à vous. Buvez de l’eau, cherchez l’ombre, privilégiez le matin très tôt ou le soir plus tard, et surtout écoutez votre corps », rappelle Thomas, médecin du sport à Bruxelles.
Si une activité physique est indispensable, les spécialistes recommandent de choisir les heures les plus fraîches de la journée, de porter une casquette, des lunettes et de la crème solaire, de s’hydrater avant, pendant et après l’effort, et surtout de s’arrêter au moindre signe de faiblesse. Le meilleur entraînement reste parfois celui que l’on reporte. « Car en période de fortes chaleurs, préserver sa santé est bien plus important que quelques kilomètres de plus au compteur, il ne faut pas chercher la performance à tout prix », conclut-il.