Les caméras de surveillance ont bien filmé la scène et quatre truands ont été reconnus. En recoupement avec l’analyse de la téléphonie, ce quatuor a été identifié et placé sous mandat d’arrêt. Le chef de ce commando est un Dinantais, doté d’un casier judiciaire bien lourd.

Les interrogatoires des quatre hommes n’ont rien donné, puisqu’ils observent l’omerta, la loi du silence. Ils ont néanmoins été inculpés de tentatives d’assassinat et de participation à une organisation criminelle.

Sous les ordres d’un trafiquant hollandais

Pendant ce temps, les blessés se sont fait soigner et se sont peu à peu retapés. De leur côté, les enquêteurs n’ont pas chômé et, avec l’aide de quelques indicateurs, ont démonté le scénario. Le grand chef est un Néerlandais qui a décidé de s’emparer du quartier Saint-Antoine, au grand dam d’un autre clan. À l’origine, il y a eu des pourparlers entre les bandes rivales pour décider qui pouvait contrôler quel quartier. Mais ces négociations ont fait chou blanc et le temps des armes est arrivé.

A propos d’armes, des quantités industrielles ont été saisies chez chacun. Une armoire très bien garnie, digne du Chicago des années ’30, a même été découverte. Avant de passer à l’acte, le Dinantais a demandé le feu vert à son boss aux Pays-Bas. Qui le lui a accordé.

En première instance, le tribunal correctionnel n’a pas fait de quartier et a condamné chaque prévenu à 14 ans de détention ferme. Le choc a été rude et le quatuor a relevé appel du jugement.

Le règne de l’omerta

Le procès a repris cette semaine devant la cour d’appel de Bruxelles et des langues se sont vaguement déliées. Le Dinantais a confirmé qu’il avait été contacté par un Hollandais, dont il ne dira pas le nom, pour l’aider à s’accaparer le quartier Saint-Antoine. Puis, ordre lui a été donné de faire un carnage. Le chef du commando a précisé que contrat avait été signé pour une somme rondelette. Celle-ci n’aurait finalement jamais été versée.

Dans son réquisitoire, le procureur général n’a pas eu assez de mots pour stigmatiser les « tueurs en herbe » (ils ne dépassent pas les 25 ans), surtout compte tenu déjà de leurs antécédents. Le magistrat a réclamé la confirmation du jugement, soit 4 x 14 ans ferme.

La défense doit plaider ce mercredi matin.

Namur : jusqu’à quatre ans de prison pour un réseau de trafic de cocaïne et d’héroïneUn vendeur IPTV condamné; Son amie accrochée au capot; Une tatoueuse plagiée: 8 incroyables affaires judiciaires devant la justice en Wallonie (vidéo)