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21 févr. 2026 à 19h49
Depuis quatre ans et demi, Dieter vit dans une usine désaffectée de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). Le site, connu pour ses nombreux graffitis, attire régulièrement des curieux. L’homme à la barbe grisonnante, jauni par la cigarette, accueille les visiteurs et leur fait découvrir les lieux, devenus son domicile.
L’artiste cherbourgeois Blesea a choisi de lui rendre hommage en réalisant son portrait sur un mur du site. Un clin d’œil à celui que beaucoup surnomment « le gardien du temple ».
« Un geste de reconnaissance »
Dieter vit dans un petit cabanon installé au milieu des hangars. Avec son chat Minka, il veille sur les lieux et propose des visites improvisées. « Je fais visiter le lieu comme un guide et en échange, on me donne un peu d’argent », explique-t-il.
Le portrait, finalisé dimanche 15 février 2026, attire déjà les amateurs de street-art. Lundi, les premiers visiteurs sont venus le découvrir. « Depuis lundi, une vingtaine de personnes sont venues voir la peinture », précise Dieter, visiblement touché. « J’ai dit à Blesea que ce portrait était plus vrai que vrai. »
Parmi eux, Valérie Leberger, venue le 20 février avec ses enfants, amateurs de chasse aux graffs. « La première fois que nous étions venus, monsieur nous avait fait faire le tour, c’était très agréable. C’est un geste de reconnaissance de la part de Blesea. Dieter est très gentil et il nous raconte l’histoire de ce lieu », témoigne-t-elle.
À la recherche d’un logement
Dieter vit de sa retraite allemande et française. « J’ai travaillé pendant un moment en France. » Ses autres revenus proviennent des dons des visiteurs et de la manche. « Mais c’est compliqué avec la météo en ce moment. Comme on dit, parapluie ouvert, porte-monnaie fermé », sourit-il.
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Aujourd’hui, il cherche un logement. Il est accompagné dans ses démarches par l’association Conscience Humanitaire. « Mon dossier est complet », assure-t-il.
Même s’il trouve un toit, Dieter ne compte pas tourner définitivement la page. « Je garderai mon cabanon. J’ai des affaires à des amis et je reviendrai toujours pour prendre l’apéro », glisse-t-il, cigarette à la main et canette de bière dans l’autre.
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